Selon plusieurs sources américaines et européennes, Donald Trump presse Kyiv d’accepter un accord que l’Ukraine juge encore trop déséquilibré. Les négociations piétinent, malgré trois jours de discussions intenses.
Par @sahbymehalla
Le président Donald Trump parle aux médias en marchant sur le tapis rouge avant la 48e édition des Kennedy Center Honors, le dimanche 7 décembre 2025, au John F. Kennedy Center for the Performing Arts, à Washington. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson)
Dans un climat diplomatique de plus en plus sous tension, le président américain Donald Trump a déclaré dimanche être « un peu déçu » que Volodymyr Zelensky n’ait pas encore pris position sur le plan de paix rédigé par Washington pour mettre fin à la guerre russo-ukrainienne.
Selon AP News, Trump affirme que Zelensky « n’a même pas lu le document » et que la Russie, elle, serait « d’accord » avec les propositions avancées.
L’intervention du président américain survient après trois jours de pourparlers qualifiés de « constructifs mais difficiles » par Zelensky.
Selon The Guardian, le gouvernement ukrainien juge le texte américain problématique sur plusieurs points, concessions territoriales implicites, absence de garanties de sécurité robustes, et un risque de légitimer des gains russes obtenus par la force.
Les conseillers de Zelensky qualifient même certaines propositions américaines de « provocations diplomatiques » — selon The Guardian, Kyiv refuse tout accord qui « compromettrait la souveraineté ou la dignité de l’État ukrainien ».
L’Europe se crispe : Londres, Paris et Berlin en alerte
Plusieurs capitales redoutent que Washington cherche à accélérer un accord au détriment de la sécurité collective européenne.
Les dirigeants européens doivent rencontrer Zelensky à Londres cette semaine. Kyiv espère obtenir un front occidental uni face aux pressions américaines.
Ce qui se joue réellement
L’enjeu dépasse très largement la simple signature d’un document. Kyiv cherche un accord robuste, véritable garantie de protection territoriale et de pérennité stratégique, tandis que Washington vise un compromis rapide pour réorienter sa politique étrangère et réduire ses coûts opérationnels. Moscou, de son côté, “accepte” le plan, selon Donald Trump, un élément qui nourrit les inquiétudes sur un projet potentiellement trop aligné sur les intérêts russes.
Cette perception est renforcée par le document publié vendredi par la Maison-Blanche, où Washington affirme vouloir améliorer sa relation avec la Russie après des années durant lesquelles Moscou a été traitée comme un paria international. Toujours selon ce texte officiel, mettre fin à la guerre constitue désormais un intérêt stratégique majeur pour les États-Unis afin de “réétablir une stabilité stratégique avec la Russie”.
L’Europe craint un précédent géopolitique, l’idée qu’une guerre d’agression puisse se solder par des concessions forcées.
À ce stade, personne ne veut être celui qui portera la responsabilité publique d’un échec… mais tout le monde sait que l’accord actuel, en l’état, n’obtiendra pas de signature ukrainienne.
D’après les diplomates la prochaine séquence de négociations sera cruciale.
Si Washington maintient la pression sans révision du texte, Kyiv pourrait officialiser son refus.
Si Trump accepte d’ajuster certaines dispositions, un terrain d’entente pourrait émerger — mais rien n’indique que Moscou suivrait.
Une seule certitude, le statu quo stratégique devient de plus en plus fragile, et chaque prise de parole présidentielle ajoute un degré de tension.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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