Russie–États-Unis : Moscou agite le spectre de la « fin du monde » nucléaire sur fond de Groenland

Publié le 16 janvier 2026 à 10:17

Moscou agite le spectre d’une « fin du monde » nucléaire après les déclarations de Donald Trump sur le Groenland, tandis que l’Arctique devient un nouveau front stratégique entre grandes puissances.

Par @sahbymehalla

Russie–États-Unis : Moscou agite le spectre de la « fin du monde » nucléaire sur fond de Groenland

La tension géopolitique dans l’Arctique franchit un nouveau palier. Des responsables politiques russes ont brandi des avertissements d’une gravité exceptionnelle après les déclarations répétées de Donald Trump évoquant la prise de contrôle du Groenland et un possible repositionnement stratégique américain sur l’île. Selon ces voix pro-Kremlin, une telle évolution menacerait l’équilibre nucléaire mondial et pourrait conduire à ce qu’elles décrivent comme une « fin du monde ».

D’après plusieurs médias, ces propos sont attribués à Dmitry Rogozin, sénateur russe et ancien vice-premier ministre, connu pour ses sorties radicales sur les questions de défense. Il affirme que l’installation d’armes nucléaires ou de systèmes antimissiles américains au Groenland briserait la stabilité stratégique qui, selon Moscou, a empêché une confrontation nucléaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Groenland, territoire autonome du Danemark, occupe une position clé dans l’Arctique, sur les trajectoires potentielles de missiles intercontinentaux. Washington y dispose déjà de la base de Thulé, pilier de son dispositif de défense antimissile. Mais l’hypothèse d’un contrôle politique accru ou d’un renforcement nucléaire transforme l’île en symbole d’une militarisation accélérée du Grand Nord.

Les ambitions américaines ont déclenché une véritable ruée stratégique au sein de l’OTAN, les alliés européens cherchant à anticiper les conséquences sécuritaires et diplomatiques d’un tel scénario dans l’Arctique.

Officiellement, le Kremlin évite toute formulation apocalyptique. La diplomatie russe, par la voix de sa porte-parole Maria Zakharova, dénonce surtout ce qu’elle considère comme des récits « mythifiés » de la menace russe servant à justifier une militarisation occidentale accrue de l’Arctique.

Dans le même temps, les déclarations de Rogozin et d’autres figures nationalistes russes nourrissent une rhétorique de dissuasion maximale, reliant explicitement la question du Groenland à un risque d’escalade nucléaire impliquant la Russie, mais aussi la Chine.

Pour les analystes, cette séquence illustre moins une intention immédiate de confrontation qu’un durcissement du langage stratégique. La menace nucléaire sert ici d’outil de pression politique, alors que l’Arctique devient un théâtre central de rivalités entre grandes puissances.

Le message est clair, et il est adressé autant à Washington qu’aux alliés européens, toute remise en cause de l’équilibre stratégique dans l’Arctique serait perçue par Moscou comme une ligne rouge. Une ligne que la Russie promet de défendre, au moins verbalement, jusqu’à l’extrême.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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