Kim Jong-un prépare sa succession avec sa fille, une héritière déjà au cœur du pouvoir nord-coréen

Publié le 14 février 2026 à 14:41

Omniprésente aux côtés de Kim Jong-un lors des événements militaires, Kim Ju-ae s’impose comme la future figure du pouvoir à Pyongyang, un tournant dynastique scruté par les services de renseignement et les capitales du monde entier.

Par @sahbymehalla

Kim Jong-un prépare sa succession avec sa fille, une héritière déjà au cœur du pouvoir nord-coréen

Kim Ju-ae et Kim Jong-un en 2022. EyePress News/Shutterstock

 

La scène est devenue familière dans la propagande nord-coréenne. À chaque test de missile, inspection militaire ou cérémonie stratégique, une adolescente en manteau sombre apparaît aux côtés de Kim Jong-un. Selon des responsables du renseignement sud-coréen, cette jeune fille de 13 ans, identifiée comme Kim Ju-ae, est désormais considérée comme l’héritière la plus probable du dirigeant, un signal fort dans un régime fondé sur la continuité dynastique et l’évaluation du National Intelligence Service de Séoul.

L’enfant avait été révélée au monde en novembre 2022 lors d’un tir de missile balistique intercontinental, une première apparition hautement symbolique qui l’associait immédiatement au programme nucléaire, pilier du pouvoir nord-coréen. Depuis, sa présence est devenue régulière lors d’événements majeurs, où elle occupe une place visuelle et protocolaire autrefois réservée aux figures clés de la succession.

Selon le renseignement sud-coréen, Kim Ju-ae serait entrée dans une phase active de préparation au pouvoir, avec une exposition publique soigneusement calibrée et l’utilisation d’un langage honorifique jusque-là réservé aux dirigeants. Cette stratégie correspond aux méthodes employées pour préparer Kim Jong-un lui-même à succéder à son père Kim Jong-il, renforçant l’idée d’une transmission héréditaire du régime sur plusieurs décennies.

Si cette succession se confirme, elle constituerait une rupture historique dans un système profondément patriarcal. Aucun précédent féminin n’existe à la tête de la Corée du Nord. Toutefois, des inconnues demeurent, notamment l’existence supposée d’un fils aîné et le rôle potentiel de Kim Yo-jong, la sœur du dirigeant, considérée comme l’une des personnalités les plus puissantes du régime.

Au-delà de la question familiale, la mise en avant de Kim Ju-ae répond à une logique politique. Elle permet d’ancrer la légitimité de la « lignée Paektu », pilier idéologique du pouvoir, de sécuriser la loyauté de l’élite et de préparer une transition sur le long terme dans un État doté de l’arme nucléaire. Cette scénarisation transforme progressivement la Corée du Nord en monarchie de fait, où la succession n’est plus seulement probable mais visiblement orchestrée.

Dans un système opaque où chaque image est un message, la présence de l’adolescente n’a rien d’anecdotique. Elle est désormais l’un des symboles les plus scrutés par les chancelleries et les services de renseignement, qui y voient la feuille de route du régime pour l’après-Kim Jong-un.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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