Les États-Unis agitent la reprise d’essais nucléaires après plus de trente ans de moratoire et accusent la Chine d’activités clandestines, relançant le spectre d’une nouvelle course aux armements mondiale.
Par @sahbymehalla
Les États-Unis se disent prêts à mener des essais nucléaires à faible puissance explosive, une décision qui mettrait fin à un moratoire en vigueur depuis 1992, sur fond d’accusations croissantes visant la Chine, soupçonnée d’avoir conduit des tests clandestins.
Ces déclarations interviennent alors que le traité New START — dernier accord entre Washington et Moscou limitant le déploiement d’ogives nucléaires — arrive à échéance. Le président américain Donald Trump a appelé à la négociation d’un nouvel accord qui inclurait également Pékin.
Christopher Yaw, secrétaire d’État adjoint américain chargé du contrôle des armements et de la non-prolifération, a affirmé lors d’un discours à l’Institut Hudson que Donald Trump « était sérieux » lorsqu’il évoquait en octobre une reprise des essais nucléaires. Il a précisé que ces tests se feraient « sur une base de parité ».
Il a toutefois souligné qu’il ne s’agissait pas d’un retour aux essais atmosphériques massifs, comme celui d’Ivy Mike mené en 1952 dans le Pacifique Sud, expliquant que cette notion de « parité » répond aux activités attribuées à la Chine et à la Russie.
Un autre responsable américain a accusé Pékin d’avoir réalisé, le 22 juin 2020, un essai nucléaire de faible puissance sur le site de Lop Nor. Des données sismiques auraient révélé « une explosion unique » d’une intensité déterminée. Washington affirme également que la Chine utilise des techniques de « découplage », consistant à faire exploser un dispositif dans une grande cavité souterraine afin de réduire les signaux sismiques et dissimuler l’activité.
La Chine rejette ces accusations, qu’elle qualifie de « fausses et politisées », et assure respecter un moratoire volontaire sur les essais nucléaires. Pékin a signé le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires en 1996 sans toutefois le ratifier.
Ces tensions relancent le débat aux États-Unis sur la poursuite du programme de « gestion du stock nucléaire », qui vise à garantir la fiabilité et la sécurité des armes existantes sans recourir à des explosions réelles, grâce à des simulations avancées, des essais sous-critiques et des analyses scientifiques.
D’anciens responsables estiment que la simulation seule pourrait ne plus suffire face à l’accélération de la modernisation de l’arsenal chinois. D’autres experts avertissent qu’une reprise des essais réels serait coûteuse, techniquement complexe et nécessiterait des années de préparation ainsi que des investissements considérables.
Les États-Unis ont procédé à leur dernier essai nucléaire avec explosion en 1992 et mènent depuis lors uniquement des essais sous-critiques afin d’assurer la fiabilité de leur arsenal sans déclencher de réaction nucléaire en chaîne.
Cette évolution intervient dans un contexte de craintes croissantes d’entrée dans une nouvelle phase de course aux armements, marquée par l’érosion des mécanismes de contrôle des armements stratégiques et l’absence d’accords contraignants incluant l’ensemble des puissances nucléaires majeures.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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