Déploiement militaire massif, négociations au point mort et ultimatum de deux semaines, tous les signaux convergent vers un possible affrontement majeur entre Washington et Téhéran. Une escalade aux conséquences historiques pour le Moyen-Orient et la présidence Trump.
Par @sahbymehalla
L’administration Trump est aujourd’hui plus proche d’un conflit militaire d’ampleur au Moyen-Orient que ne le perçoit la majorité de l’opinion publique américaine — un affrontement qui pourrait éclater dans un délai très court.
Selon plusieurs sources, une opération militaire américaine contre l’Iran prendrait la forme d’une campagne massive de plusieurs semaines, bien loin de l’intervention ciblée menée le mois dernier au Venezuela. Il s’agirait vraisemblablement d’une action conjointe américano-israélienne, beaucoup plus vaste que la guerre de douze jours conduite par Israël en juin dernier — à laquelle Washington avait fini par participer pour détruire des installations nucléaires souterraines iraniennes.
Un tel conflit bouleverserait l’ensemble du Moyen-Orient et pèserait lourdement sur les trois années restantes du mandat présidentiel de Donald Trump. Pourtant, alors que l’attention du Congrès et de l’opinion est accaparée par d’autres dossiers, le débat public sur ce qui pourrait devenir l’intervention militaire américaine la plus déterminante dans la région depuis au moins une décennie reste limité.
Début janvier, Donald Trump s’était déjà rapproché d’une frappe contre l’Iran après la répression meurtrière de manifestations par le régime. La fenêtre d’action s’étant refermée, la Maison-Blanche a opté pour une approche à double voie : relance des négociations sur le nucléaire et déploiement militaire massif.
En retardant l’échéance tout en concentrant des moyens considérables, le président américain a relevé le seuil d’attente quant à l’ampleur d’une éventuelle opération en cas d’échec diplomatique — scénario qui apparaît aujourd’hui de plus en plus probable.
Mardi à Genève, les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff ont rencontré pendant trois heures le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Si les deux parties ont évoqué des « progrès », les divergences restent profondes et l’optimisme est limité à Washington.
Le vice-président J.D. Vance a reconnu sur Fox News que les discussions avaient été positives sur certains points, tout en soulignant que Téhéran refuse pour l’instant de reconnaître les « lignes rouges » fixées par Donald Trump. Il a également averti que le président pourrait considérer que la voie diplomatique a atteint « sa fin naturelle ».
Le déploiement américain comprend désormais deux porte-avions, une douzaine de navires de guerre, des centaines d’avions de combat et plusieurs systèmes de défense aérienne. Plus de 150 vols de transport militaire ont acheminé armements et munitions vers la région. Au cours des dernières 24 heures seulement, cinquante chasseurs supplémentaires — F-35, F-22 et F-16 — ont été envoyés au Moyen-Orient.
Cette montée en puissance militaire, combinée à la rhétorique présidentielle, rend tout recul politiquement et stratégiquement coûteux sans concessions majeures de l’Iran sur son programme nucléaire.
Le gouvernement israélien, qui plaide pour un scénario maximaliste incluant un changement de régime en plus de la neutralisation des programmes nucléaire et balistique iraniens, se prépare à l’hypothèse d’une guerre « dans les prochains jours », selon deux responsables israéliens.
À Washington, certains évoquent encore un délai de plusieurs semaines. D’autres estiment au contraire que l’échéance pourrait être bien plus proche. Un conseiller de Donald Trump confie même qu’il existe « 90 % de chances » de voir une action militaire dans les prochaines semaines.
Téhéran dispose désormais de deux semaines pour présenter une proposition détaillée. Un calendrier qui rappelle la séquence de juin dernier, après avoir fixé un ultimatum similaire, la Maison-Blanche avait lancé l’opération « Midnight Hammer » trois jours plus tard.
Aucun signe concret ne laisse entrevoir une percée diplomatique. En revanche, les indicateurs d’un conflit imminent se multiplient.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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