L’arrestation de l’ex-prince pour faute présumée dans une fonction publique ravive l’affaire Epstein et place la monarchie britannique face à une nouvelle onde de choc judiciaire et médiatique.
Par @sahbymehalla
Le prince Andrew de Grande-Bretagne salue un dirigeant d’entreprise lors d’une réception en marge du Forum économique mondial de Davos, le jeudi 22 janvier 2015. Photo AP News / Michel Euler, Pool.
Andrew Mountbatten-Windsor, ancien prince britannique déchu de ses titres royaux en raison de ses liens avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, a été arrêté jeudi dans le cadre d’une enquête pour faute présumée dans l’exercice d’une fonction publique.
Depuis plus d’une décennie, ses relations avec le financier aujourd’hui décédé empoisonnent l’image de la monarchie. Andrew a toujours nié tout acte répréhensible en lien avec cette amitié, mais les révélations successives ont alimenté les controverses et accru la pression sur la famille royale.
La police de la Thames Valley a confirmé l’arrestation d’un homme d’une soixantaine d’années originaire du Norfolk, dans l’est de l’Angleterre, précisant qu’il restait en détention. Conformément aux procédures britanniques, les autorités n’ont pas officiellement divulgué son identité, tout en renvoyant à leur communiqué lorsqu’elles ont été interrogées sur l’implication du frère du roi Charles III.
Âgé de 66 ans depuis jeudi, Andrew avait récemment quitté sa résidence historique près du château de Windsor pour s’installer sur le domaine de Sandringham, propriété de son frère, dans le Norfolk.
Dans une brève déclaration publiée après l’arrestation, le souverain a affirmé que « la loi doit suivre son cours », indiquant qu’il ne ferait pas d’autre commentaire tant que l’enquête serait en cours. Le texte insiste également sur la volonté de la famille royale de se tenir à distance de l’ancien prince, tout en poursuivant ses fonctions officielles au service du pays.
L’ouverture formelle de l’enquête fait suite à l’examen d’allégations selon lesquelles Andrew aurait transmis en 2010 des rapports commerciaux confidentiels à Jeffrey Epstein, à l’époque où il occupait le poste d’envoyé spécial du Royaume-Uni pour le commerce international. Ces éléments proviennent d’échanges de correspondance inclus dans les millions de pages de documents publiés le mois dernier par le département américain de la Justice dans le cadre du dossier Epstein.
« Après une évaluation approfondie, nous avons désormais ouvert une enquête sur cette allégation de faute dans l’exercice d’une fonction publique », a déclaré le chef adjoint de la police, Oliver Wright, soulignant « l'intérêt public considérable » suscité par l’affaire.
L’arrestation est intervenue alors que des images circulaient en ligne montrant des véhicules de police banalisés et des agents en civil devant Wood Farm, la résidence d’Andrew sur le domaine de Sandringham.
La rupture entre l’ancien prince et l’institution monarchique s’est progressivement accentuée depuis 2019, lorsque la reine Elizabeth II l’avait contraint à renoncer à ses fonctions officielles après une interview désastreuse à la BBC consacrée à ses liens avec Epstein. Un ouvrage publié l’an dernier a apporté de nouveaux détails sur leur relation, conduisant Charles III à lui retirer le droit d’utiliser le titre de prince et à lui ordonner de quitter sa résidence.
Le tournant est intervenu la semaine dernière lorsque Buckingham Palace a annoncé être prêt à coopérer avec la police en cas d’enquête formelle. Cette décision faisait suite à la publication massive de documents judiciaires américains révélant l’ampleur des contacts entre Andrew et Epstein, y compris après la condamnation de ce dernier en 2008 pour sollicitation de mineure.
Jeffrey Epstein avait été arrêté en 2019 pour trafic sexuel par des procureurs fédéraux à New York. Il s’est suicidé en prison avant l’ouverture de son procès.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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