Un discours fleuve, des héros décorés, des attaques frontales et l’ombre d’un conflit avec l’Iran. Entre spectacle politique et stratégie électorale, Donald Trump redéfinit le récit de sa présidence face à des sondages en berne. Découvrez les moments clés et ce qu’ils révèlent vraiment.
Par @lemanifestmedia
Le président Trump s’exprime lors du discours sur l’état de l’Union, mardi. Photo : Kenny Holston / The New York Times.
Trois heures de mise en scène politique, un record de durée et un président au plus bas dans les sondages. Mardi soir, Donald Trump a livré devant le Congrès le discours sur l’état de l’Union le plus long de l’histoire, transformant l’exercice institutionnel en spectacle télévisé aux accents de campagne.
Dans une scénographie soigneusement orchestrée, le président américain a rempli l’hémicycle de figures bien plus populaires que lui — champions olympiques, vétérans décorés et citoyens présentés comme des héros du quotidien.
Les hommages se sont enchaînés, avec la remise de deux Purple Hearts, de deux Medals of Honor, d’une Medal of Freedom au gardien de l’équipe olympique américaine de hockey Connor Hellebuyck et d’une Legion of Merit à un nageur des garde-côtes qui a sauvé 164 personnes lors d’inondations au Texas. L’entrée de l’équipe masculine de hockey, saluée par une ovation bipartisane, a constitué l’un des rares moments d’unité de la soirée.
Confronté à une défiance croissante sur sa gestion de l’économie, Donald Trump a attaqué frontalement les démocrates, accusés de dénoncer aujourd’hui une inflation qu’ils auraient eux-mêmes provoquée. Le président a répliqué avec ses formules hyperboliques, évoquant 18 000 milliards de dollars d’investissements étrangers, une chute spectaculaire des prix alimentaires et des baisses de coûts des médicaments allant jusqu’à « 600 % ».
Il a également minimisé la décision récente de la Cour suprême invalidant ses droits de douane, assurant qu’ils survivraient via d’autres bases juridiques, tout en laissant entrevoir un objectif de long terme, remplacer l’impôt sur le revenu par les recettes tarifaires. Au-delà des effets de tribune, il a dévoilé plusieurs propositions à tonalité populiste, notamment un accès élargi aux comptes retraite et l’obligation pour les géants technologiques de financer leurs propres centrales électriques pour alimenter les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
La soirée a été marquée par de fortes frictions politiques. Le représentant Al Green a été expulsé de l’hémicycle après avoir brandi une pancarte dénonçant une vidéo raciste visant les Obama, relayée récemment par le compte de Donald Trump. Près de la moitié des élus démocrates ont boycotté le discours, tandis que ceux présents ont été à plusieurs reprises pris à partie par le président. Lorsqu’il a lancé un défi à ceux qui estimaient que la priorité du gouvernement était de protéger les citoyens américains plutôt que les migrants en situation irrégulière, le silence de l’opposition lui a servi de démonstration politique.
« Regardez, personne ne se lève », a-t-il lancé, avant de qualifier ses adversaires de « fous ».
Sur le terrain international, le ton s’est durci. Après avoir ordonné le plus important renforcement militaire américain au Moyen-Orient depuis la guerre d’Irak, Donald Trump a préparé l’opinion publique à l’éventualité d’un conflit avec l’Iran. Il a accusé Téhéran d’être responsable de la mort de milliers d’Américains via des engins explosifs improvisés, de développer des missiles capables d’atteindre le territoire américain et de poursuivre ses ambitions nucléaires.
Tout en confirmant la tenue de discussions de dernière chance à Genève, il a martelé, « Je ferai la paix partout où je le pourrai, mais je n’hésiterai jamais à affronter les menaces contre l’Amérique. ».
Le président n’a fait aucune mention des répercussions liées aux dossiers Epstein, alors que plusieurs victimes figuraient parmi les invités des élus démocrates. Plutôt que de répondre à la chute de sa popularité ou aux élections de mi-mandat qui approchent, Donald Trump a choisi de se projeter dans une lecture historique de sa présidence, présentée comme l’aboutissement de 250 ans de destinée américaine.
« La révolution commencée en 1776 n’est pas terminée », a-t-il conclu, promettant un avenir « plus grand, meilleur, plus brillant et plus glorieux que jamais ».
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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