Avec un abondement public pouvant atteindre 1 000 dollars par an et une inscription simplifiée via la déclaration d’impôts, la Maison-Blanche veut ouvrir l’épargne-retraite à des millions d’Américains exclus des dispositifs actuels. Une réforme aux implications économiques et sociales majeures, sur fond d’incertitudes autour de la Social Security.
Par @lemanifestmedia
Le président Trump s’adresse au Congrès lors du discours sur l’état de l’Union. Photo Win McNamee/Getty Images.
Lors de son discours sur l’état de l’Union mardi soir, Donald Trump a annoncé son intention d’offrir aux Américains un dispositif d’épargne-retraite comparable à celui dont bénéficient les fonctionnaires fédéraux.
L’enjeu est majeur. Près de 50 millions d’Américains ne disposent aujourd’hui d’aucun plan de retraite par l’intermédiaire de leur employeur, comme un 401(k), alors que l’idée d’élargir l’accès à l’épargne-retraite fait l’objet d’un intérêt croissant des deux côtés de l’échiquier politique.
Le président a expliqué vouloir permettre à ceux qui n’ont ni 401(k) ni régime similaire d’accéder « au même type de plan de retraite que chaque employé fédéral ». L’État prévoirait d’abonder les contributions à hauteur de 1 000 dollars par an afin que « tous les Américains puissent profiter d’un marché boursier en hausse ».
Selon la Maison-Blanche, cette initiative s’inscrit dans le prolongement du Secure Act 2.0, adopté sous la présidence de Joe Biden, lui-même héritier d’une première réforme votée durant le premier mandat de Donald Trump. Une disposition qui entrera en vigueur l’an prochain permettra déjà aux salariés disposant d’un compte retraite de recevoir jusqu’à 1 000 dollars d’abondement public s’ils versent 2 000 dollars de leur poche.
Le dispositif envisagé s’inspirerait du Thrift Savings Plan, le système d’épargne des fonctionnaires fédéraux, qui donne accès à une sélection de fonds à faibles frais investis notamment dans les bons du Trésor à court terme et l’indice S&P 500.
La Maison-Blanche souhaite désormais créer des comptes pour les Américains qui n’en possèdent pas. Plutôt que d’ouvrir eux-mêmes un IRA — une démarche que la majorité n’effectue pas — ils pourraient simplement cocher une case sur leur déclaration d’impôts pour lancer le processus, explique Teresa Ghilarducci, économiste du travail à la New School et familière du projet.
« C’est une avancée majeure », estime-t-elle, soulignant que le plan reconnaît enfin que la plupart des citoyens n’ont aucune épargne pour la retraite et qu’ils ne parviennent pas à épargner de manière régulière. Elle indique avoir travaillé dès 2021 sur une version préliminaire avec Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison-Blanche, dans une tentative de compromis entre des visions politiques opposées.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accroître la participation des ménages américains aux marchés financiers. Elle vient s’ajouter aux « comptes Trump » destinés aux enfants, conçus pour les familiariser très tôt avec l’investissement en actions. Des contributions d’acteurs philanthropiques pourraient également être autorisées.
Reste une menace structurelle, le fonds fiduciaire de la Social Security devrait être épuisé en 2033. Sans intervention du Congrès, les bénéficiaires subiront alors une réduction significative de leurs prestations. « Il reste encore beaucoup à faire », prévient Teresa Ghilarducci.
Les experts invitent désormais à surveiller les prochaines annonces. Même les réformes les mieux intentionnées peuvent produire des effets inattendus.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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