Rumeurs d’influenceuse, opération militaire fulgurante, pressions américaines et explosion de violence au Mexique. Les coulisses de l’élimination du narcotrafiquant le plus insaisissable de sa génération.
Par @lemanifestmedia
La mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación et considéré comme l’un des criminels les plus dangereux au monde, continue d’alimenter rumeurs et spéculations. Sur les réseaux sociaux, une théorie virale affirme qu’une proche du narcotrafiquant — présentée par certains comme une influenceuse — aurait permis aux autorités de localiser sa cachette et de mettre fin à des années de traque.
Cette hypothèse fascine d’autant plus que le baron de la drogue était réputé insaisissable. Sa capacité à changer constamment de refuge, à s’appuyer sur un vaste réseau d’informateurs et à déjouer les opérations de sécurité avait longtemps rendu toute tentative d’arrestation quasi impossible.
Selon les autorités mexicaines, l’opération qui a conduit à sa mort repose avant tout sur un travail d’infiltration et de surveillance des cercles relationnels du chef du cartel. Les services de renseignement militaires auraient identifié un individu de confiance lié à la compagne d’El Mencho et suivi ses déplacements jusqu’à une planque située en périphérie de la localité de Tapalpa, dans l’État de Jalisco.
La compagne aurait quitté les lieux le lendemain, tandis que le narcotrafiquant restait sur place avec ses gardes. Les forces spéciales et les unités d’intervention rapide de la Garde nationale ont alors lancé l’assaut, appuyées par un soutien aérien limité d’hélicoptères, lors d’une opération qualifiée de « décisive » par les autorités.
Aucun responsable n’a toutefois affirmé que la jeune femme avait volontairement livré sa localisation.
Sur la plateforme X, des publications ont accusé une créatrice de contenus connue sous le nom de Maria Julissa d’avoir transmis les informations aux forces de sécurité. Mais son nom n’a jamais été mentionné officiellement dans le cadre de l’opération.
L’intéressée a démenti publiquement sur Instagram toute implication, affirmant n’avoir « aucun lien avec les événements en cours au Mexique » et dénonçant des informations « fausses et sans fondement ». À ce stade, aucune preuve ni confirmation officielle ne relie la jeune femme à l’intervention militaire.
L’assaut contre la cache d’El Mencho s’est soldé par la mort de huit membres du cartel et de trois soldats mexicains. Mais la vague de violence qui a suivi à travers le pays a été bien plus meurtrière, plus de 82 personnes ont été tuées, dont 25 membres de la Garde nationale et 27 agents des forces de l’ordre, ainsi qu’une trentaine d’individus soupçonnés d’appartenir à l’organisation criminelle.
Les autorités ont également annoncé l’arrestation de 70 personnes liées au cartel ou aux violences récentes.
Pour reprendre le contrôle de la situation, le gouvernement a déployé 2 500 militaires supplémentaires dans l’ouest du pays, portant à environ 9 500 le nombre de soldats mobilisés depuis la mort du chef du CJNG.
Le timing de l’intervention interroge. Elle intervient après les menaces du président américain Donald Trump d’agir au-delà de la frontière si le Mexique ne renforçait pas sa lutte contre les cartels. Plusieurs médias américains y voient la volonté de Mexico d’afficher une réponse ferme face au narcotrafic dans un contexte de pression sécuritaire et diplomatique croissante.
Pour les autorités mexicaines, le site de l’assaut n’est pas seulement une scène de crime, il symbolise la fin d’une traque qui aura duré des années contre un homme qui a longtemps défié l’État et ses institutions.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
Ajouter un commentaire
Commentaires