À la veille de nouvelles négociations nucléaires à Genève, les États-Unis frappent fort avec une vague de sanctions ciblant la « flotte fantôme » pétrolière, les réseaux de drones et l’appareil militaire de Téhéran. Déploiement militaire inédit, stratégie de pression maximale et course contre la montre diplomatique, les lignes rouges se durcissent et l’équilibre régional se joue maintenant.
Par @sahbymehalla
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent s’exprime lors d’une interview après le discours sur l’état de l’Union du président Donald Trump devant une session conjointe du Congrès, dans l’hémicycle de la Chambre des représentants au Capitole des États-Unis à Washington, le mardi 24 février 2026. Photo : AP News/Rod Lamkey Jr.
L’administration Trump a annoncé mercredi une nouvelle salve de sanctions visant des individus, des entreprises et des navires accusés de soutenir le programme iranien de missiles balistiques, la production de drones et les ventes illicites de pétrole, alors que les États-Unis accentuent la pression sur Téhéran à l’approche de nouvelles discussions sur le nucléaire.
Ces mesures ciblent 30 personnes, sociétés et bâtiments maritimes, dans un contexte de déploiement militaire américain sans précédent dans la région depuis plusieurs décennies, marqué par l’envoi massif de navires de guerre et d’aéronefs. Donald Trump a également agité la menace d’une option militaire pour contraindre l’Iran à limiter ses ambitions nucléaires.
Un nouveau cycle de négociations doit s’ouvrir jeudi à Genève, entre des responsables américains — dont l’émissaire Steve Witkoff — et des négociateurs iraniens, avec la médiation d’Oman.
Selon le département du Trésor, via l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), les sanctions visent notamment plusieurs navires considérés comme appartenant à la « flotte fantôme » iranienne, un réseau de pétroliers vieillissants utilisés pour contourner les restrictions internationales sur les exportations de brut.
Des entreprises liées à la fabrication de drones figurent également sur la liste noire, dont Qods Aviation Industries, accusée d’avoir fourni des appareils à l’ensemble des branches de l’armée iranienne ainsi qu’à des acheteurs en Afrique et en Amérique latine.
Concrètement, ces sanctions gèlent tout avoir détenu aux États-Unis et interdisent aux citoyens et entreprises américains toute transaction avec les entités visées. Leur portée reste toutefois souvent symbolique, nombre de ces acteurs ne disposant pas de fonds dans des institutions financières américaines.
« Le Trésor continuera d’exercer une pression maximale sur l’Iran en ciblant les capacités d’armement du régime et son soutien au terrorisme, qu’il privilégie au détriment de la population iranienne », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent dans un communiqué.
L’administration Trump affirme qu’il est impératif d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire et a intensifié ses mesures quelques mois après les frappes américaines de juin contre trois sites nucléaires iraniens.
Téhéran répète de longue date que son programme nucléaire est strictement civil. Avant les frappes de juin, le pays enrichissait l’uranium à 60 % de pureté, soit un seuil proche des 90 % nécessaires pour un usage militaire.
Lors de son discours sur l’état de l’Union mardi soir, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient « anéanti » les installations visées, accusant l’Iran de vouloir relancer ses ambitions.
« Nous négocions avec eux. Ils veulent un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots essentiels, nous n’aurons jamais d’arme nucléaire », a-t-il déclaré.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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