Russie, Chine, Iran, quel rôle en cas de guerre avec Washington ?

Publié le 26 février 2026 à 16:48

Face à la montée des tensions entre Washington et Téhéran, la Russie et la Chine avancent une stratégie de soutien indirect, entre intérêts énergétiques, rivalité avec les États-Unis et calcul géopolitique. Jusqu’où iront-elles en cas de conflit ? Une analyse des alliances, des accords militaires et du nouvel équilibre des puissances.

Par @sahbymehalla

Russie, Chine, Iran, quel rôle en cas de guerre avec Washington ?

De nombreuses interrogations entourent la position de la Russie et de la Chine en cas de guerre entre Washington et Téhéran (Le Manifest – générée par intelligence artificielle).

 

Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran continuent de monter et que les scénarios d’escalade se multiplient, une question domine les analyses géopolitiques, quelle serait la position de Moscou et de Pékin en cas d’affrontement direct entre Washington et Téhéran ? 

Alliées stratégiques de la République islamique et acteurs majeurs de l’équilibre des puissances mondiales, les deux capitales avancent sur une ligne de crête entre soutien à leur partenaire et volonté d’éviter une confrontation militaire ouverte avec les États-Unis.

L’Iran mise sur un appui politique et diplomatique renforcé, accompagné d’une coopération technique, logistique et défensive capable d’augmenter le coût d’une offensive américaine sans provoquer une guerre généralisée. 

Pour le chercheur en sécurité internationale Aref Dehghandar, un éventuel alignement sino-russe aux côtés de Téhéran serait « stratégique mais limité ». 

Pékin et Moscou considèrent en effet l’Iran comme un contrepoids essentiel à l’influence américaine en Asie occidentale, et la chute du régime iranien ou la prise de contrôle de ses ressources énergétiques par Washington constituerait une ligne rouge sécuritaire.

Selon cette lecture, la Chine et la Russie privilégieraient un mélange de soutien diplomatique, d’assistance en matière de renseignement et d’appui logistique, tout en cherchant à prolonger le conflit pour épuiser les capacités américaines, sans engagement militaire direct.

Premier partenaire commercial de l’Iran et principal importateur de son pétrole, Pékin place la sécurité énergétique au cœur de sa stratégie. En cas de guerre, la Chine pourrait mobiliser son arsenal diplomatique pour maintenir les flux économiques vitaux vers Téhéran et contourner les sanctions maritimes afin d’éviter l’effondrement de l’économie iranienne. 

Une instabilité prolongée dans la région menacerait directement ses intérêts commerciaux, d’autant que le contrôle américain sur les hydrocarbures iraniens accentuerait sa vulnérabilité énergétique.

Pour la Russie, un conflit irano-américain détournerait l’attention occidentale du théâtre ukrainien. Moscou aurait donc intérêt à un affrontement long et coûteux pour Washington. 

L’aide russe pourrait prendre la forme d’échanges de données satellitaires, de livraisons de systèmes de défense aérienne ou de pièces détachées via la mer Caspienne, ainsi que d’opérations cyber contre des infrastructures américaines. Mais, comme Pékin, le Kremlin éviterait l’envoi de troupes.

Dans cette logique, l’Iran ne bénéficierait pas d’une alliance militaire classique ni d’un « parapluie nucléaire », mais d’un filet de sécurité international empêchant son isolement total et transformant le conflit en guerre d’usure pour les États-Unis.

Dans le contexte des menaces américaines liées au dossier nucléaire, Téhéran renforce son pivot vers l’Est. Des informations issues de sources proches du dossier évoquent une coopération militaire sino-iranienne en forte accélération, avec des négociations portant sur des missiles antinavires supersoniques CM-302 capables de menacer plus directement les forces navales américaines dans le Golfe. D’autres discussions incluraient des systèmes sol-air portables, des capacités antimissiles balistiques et des technologies antisatellites.

Du côté russe, la multiplication de vols d’avions cargo vers Téhéran alimente les spéculations sur un soutien logistique discret. Des documents évoquent également une demande iranienne de systèmes de défense aérienne pour reconstruire un bouclier fragilisé par les affrontements récents.

Le scénario le plus probable reste celui d’un appui « sous le seuil du conflit », armements avancés, assistance technique et couverture politique au Conseil de sécurité, sans entrée directe en guerre contre les États-Unis. Téhéran attend surtout une accélération des livraisons et l’activation des accords militaires existants.

Certains responsables iraniens vont plus loin et affirment que les partenariats à long terme conclus avec Pékin pour 25 ans et avec Moscou pour 20 ans impliqueraient une implication en cas de guerre régionale majeure, notamment dans le Golfe, artère énergétique mondiale.

L’accord stratégique global signé avec la Chine en 2021 couvre l’énergie, les infrastructures, l’industrie, la sécurité et les investissements, avec la création de zones de libre-échange sur les côtes iraniennes. 

Le traité de partenariat stratégique global entre l’Iran et la Russie, entré en vigueur en octobre 2025, ouvre une nouvelle phase de coopération allant du renseignement à la technologie en passant par le commerce et la culture.

Certains analystes iraniens anticipent un conflit limité dans le Golfe suivi d’une intervention du Conseil de sécurité appelant à la désescalade et imposant de nouvelles obligations à Téhéran, sur un modèle rappelant la résolution 598 qui avait mis fin à la guerre Iran-Irak.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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