Médias iraniens, la mort d’Ali Khamenei annoncée après une frappe israélienne

Publié le 1 mars 2026 à 06:35

Frappé lors d’une opération israélo-américaine selon Téhéran, le guide suprême disparaît et ouvre une bataille explosive pour la succession, entre risque d’effondrement du régime et embrasement régional.

Par Sahby Mehalla

Médias iraniens, la mort d’Ali Khamenei annoncée après une frappe israélienne

Selon les médias d’État iraniens, le guide suprême Ali Khamenei a été assassiné samedi lors d’une frappe israélienne menée dans le cadre d’une vaste opération militaire conjointe avec les États-Unis, marquant un tournant potentiellement historique pour la République islamique. Téhéran a décrété quarante jours de deuil national pour celui qui dirigeait le pays depuis plus de trois décennies.

Âgé de 86 ans, Khamenei incarnait l’architecture même du pouvoir iranien. En tant que guide suprême, il exerçait une autorité directe sur l’appareil judiciaire, les médias d’État et l’ensemble des forces de sécurité, notamment les Gardiens de la révolution. Sa mort ouvre une crise de succession immédiate dans un système où aucune transition de cette ampleur n’a été véritablement testée depuis 1989.

Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a salué la mort du dirigeant iranien, le qualifiant de « l’un des hommes les plus malfaisants de l’histoire » et évoquant une « justice » pour les victimes attribuées à l’Iran au fil des décennies. L’ancien président américain a également laissé entendre que les services de renseignement américains avaient joué un rôle direct dans le repérage de la cible, tout en avertissant que les bombardements se poursuivraient « aussi longtemps que nécessaire » pour atteindre ce qu’il a décrit comme un objectif de paix au Moyen-Orient et au-delà.

La disparition du guide suprême constitue un choc majeur pour le régime iranien. Des responsables américains et israéliens avaient présenté l’opération comme susceptible d’accélérer son effondrement. Sur le plan institutionnel, la Constitution prévoit la mise en place d’une direction intérimaire pendant que l’Assemblée des experts – un collège de 88 religieux – désigne un successeur. Mais la situation est compliquée par les frappes israéliennes qui, selon leurs auteurs, ont décapité une grande partie de la chaîne de commandement sécuritaire et militaire.

Parmi les responsables iraniens dont la mort a été confirmée figurent plusieurs figures centrales de l’appareil sécuritaire et stratégique, dont Ali Shamkhani, proche conseiller de Khamenei pour la sécurité nationale, le commandant des Gardiens de la révolution Mohammad Bagheri, le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, le chef du renseignement militaire Saleh Asadi ou encore des responsables liés aux programmes de recherche nucléaire et de défense. Cette série de pertes sans précédent fragilise la capacité de réaction immédiate du régime.

Dans ce contexte, Ali Larijani apparaît comme l’un des plus hauts responsables civils encore en vie. L’ancien président du Parlement et actuel secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale a promis que l’Iran infligerait « une leçon inoubliable » à Israël et aux États-Unis. Reste à savoir si les Gardiens de la révolution tenteront de prendre directement le contrôle du pouvoir ou si la situation ouvrira un espace à une contestation populaire, scénario ouvertement évoqué par Benjamin Netanyahu et Donald Trump.

La question de la succession se pose avec acuité. Le nom de Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême, circule depuis longtemps parmi les prétendants potentiels. Parallèlement, l’opposant en exil Reza Pahlavi a appelé les Iraniens à descendre dans la rue et les forces de sécurité à rejoindre la population afin d’assurer une transition qu’il souhaite « stable et sûre ».

Arrivé au pouvoir en 1989 après la mort de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, Ali Khamenei avait progressivement consolidé un contrôle quasi total sur l’État iranien. Son règne a été marqué par la répression des mouvements de contestation et par l’élimination répétée des tentatives de réforme. Sa mort, si elle est confirmée de manière indépendante, ouvre une période d’incertitude extrême pour l’Iran, pour l’équilibre régional et pour les rapports de force internationaux.

 

ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

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