La mort d’Ali Khamenei bouleverse l’équilibre du pouvoir à Téhéran. Direction provisoire, succession imminente, menaces de riposte et risque d’escalade régionale, plongée au cœur d’un tournant historique pour la République islamique.
Par Sahby Mehalla
L’Iran est entré dans une nouvelle phase politique après l’annonce officielle de la mort de son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines menées samedi.
Selon les premières informations communiquées dimanche à l’aube par les autorités, la direction de l’État sera assurée provisoirement par le président Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire ainsi qu’un membre du Conseil des gardiens de la Constitution. Cette instance intérimaire a été formée conformément aux dispositions constitutionnelles encadrant la succession du guide suprême.
La désignation du nouveau guide devrait intervenir dans les prochains jours, affirme l’analyste politique Hussein Riouran. Il estime que le processus se déroulera sans heurts, à l’image de la transition institutionnelle observée après la mort de l’ancien président Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère l’an dernier.
Selon lui, la solidité des structures étatiques iraniennes garantit la continuité du pouvoir malgré le contexte de guerre. « L’Iran est un État d’institutions », souligne-t-il, ajoutant que la préparation opérationnelle de Téhéran n’a pas été affectée par l’élimination de plusieurs hauts responsables.
L’analyste appuie cette lecture en évoquant les frappes menées contre Israël et d’autres cibles dans le Golfe, intervenues après ces assassinats, preuve selon lui de la capacité de réaction intacte de l’appareil militaire.
La télévision d’État iranienne a confirmé la mort d’Ali Khamenei quelques heures après que le président américain Donald Trump en eut fait l’annonce. Le gouvernement iranien a décrété quarante jours de deuil national et la fermeture des administrations publiques pendant une semaine.
Dans un communiqué au ton offensif, le Conseil suprême de sécurité nationale a déclaré que la « martyrisation » du guide suprême constituerait le point de départ d’un « grand soulèvement contre les tyrans du monde ». Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a, de son côté, juré de venger sa mort.
L’agence Fars a précisé que Khamenei aurait été tué dans son bureau alors qu’il était en fonction, samedi matin.
Toujours selon Hussein Riouran, les forces armées placées sous l’autorité du guide suprême ne seront pas désorganisées par sa disparition. Au contraire, elles devraient intensifier leurs opérations en représailles.
Cette séquence ouvre ainsi une période décisive pour la République islamique, entre succession au sommet de l’État, mobilisation idéologique et risque d’escalade régionale.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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