Missiles, drones, aéroport fermé, réservistes mobilisés, le pays tourne au ralenti au deuxième jour d’une guerre qui pourrait bouleverser durablement l’équilibre du Moyen-Orient.
Par Le Manifest
Israël connaît un arrêt quasi complet de ses activités au deuxième jour de la guerre menée conjointement avec les États-Unis contre l’Iran, après une série de salves de missiles et d’attaques de drones lancées à l’aube dimanche sur plusieurs régions du pays.
Cinq vagues de tirs ont visé la grande agglomération de Tel-Aviv ainsi que Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem, marquant une escalade majeure attribuée par les autorités israéliennes aux Gardiens de la révolution iraniens, tout en étant officiellement présentée comme une menace encore « maîtrisable ».
Selon des informations relayées depuis Ramallah, l’état de paralysie résulte des consignes strictes du commandement du front intérieur interdisant les rassemblements, fermant les établissements scolaires et suspendant les activités économiques jugées non essentielles. Le trafic aérien est totalement interrompu depuis le début du conflit.
Au cours de la nuit, Téhéran a également lancé huit drones en direction du sud de la mer Morte, d’Eilat, de Beer-Sheva, de Kiryat Shmona et des hauteurs de Galilée. Les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises sur l’ensemble du territoire, laissant présager la poursuite des tirs de missiles dans la journée de dimanche.
La veille, Israël faisait état d’une femme tuée et de 120 blessés dans des frappes visant Tel-Aviv, tandis que l’armée affirmait poursuivre ses bombardements contre des cibles en Iran. L’état-major indique concentrer ses opérations sur les plateformes de lancement afin de réduire les capacités de tir des Gardiens de la révolution, assurant avoir détruit près de la moitié de ces installations lors des précédents cycles d’affrontements et de la campagne actuelle.
Les autorités israéliennes estiment par ailleurs avoir réalisé un « accomplissement majeur » avec l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei et affirment pouvoir désormais encourager une mobilisation populaire contre le régime à Téhéran. Malgré leur confiance affichée dans l’efficacité des systèmes de défense, elles ont demandé à la population de rester confinée dans les habitations et les abris.
Un strict black-out est imposé sur les sites militaires et stratégiques visés par l’Iran, seules les zones civiles étant rendues publiques. Les déclarations officielles traduisent néanmoins une satisfaction israélienne quant aux résultats obtenus jusqu’à présent et un soutien intérieur total à la guerre.
De son côté, le Corps des Gardiens de la révolution affirme vouloir maintenir les sirènes d’alerte actives en permanence dans « les territoires occupés », revendiquant la paralysie de la vie quotidienne en Israël.
L’aéroport Ben-Gourion a cessé toute activité après le transfert des avions de compagnies étrangères vers d’autres pays et sa réaffectation aux opérations militaires américaines. Les points de passage terrestres sont fermés, à l’exception des liaisons avec l’Égypte via Taba et avec la Jordanie via Aqaba.
L’armée a rappelé environ 70 000 réservistes et renforcé l’ensemble de ses fronts, anticipant un conflit plus long que l’estimation américaine de quatre jours. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a toutefois affirmé que les opérations se poursuivraient « jusqu’à l’atteinte de tous les objectifs », une ligne reprise par le ministre de la Défense Israël Katz, qui présente la guerre comme une opportunité de renverser le régime iranien et de redessiner l’équilibre régional.
ÉCRIT PAR LE MANIFEST
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