Le chef d’état-major américain prévient, les objectifs de guerre contre l’Iran prendront du temps

Publié le 2 mars 2026 à 17:52

Le Pentagone prévient, la campagne militaire sera longue et coûteuse. Entre pertes américaines, frappes massives et stratégie nucléaire, Washington prépare l’opinion à un conflit qui s’inscrit dans la durée.

Par Sahby Mehalla

Le chef d’état-major américain prévient, les objectifs de guerre contre l’Iran prendront du temps

Le général Dan Caine affirme que « l’évaluation des dégâts de combat est toujours en cours ». Javed Ali, ancien directeur principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale, souligne qu’il faut du temps pour mesurer l’ampleur des dommages causés par les frappes américaines contre l’Iran. Photo, Alex Brandon / AP.

 

L’opération militaire américaine contre l’Iran, baptisée « Epic Fury », ne se conclura pas « du jour au lendemain », ont affirmé lundi le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, lors d’une conférence de presse au Pentagone. Les deux responsables ont refusé de fixer un calendrier précis pour cette campagne de bombardements menée conjointement avec Israël, première prise de parole publique détaillée de hauts responsables depuis le début des hostilités samedi.

Le général Caine a insisté sur la nature progressive et complexe de l’opération, évoquant des objectifs militaires « qui demanderont du temps » et qui, pour certains, seront « difficiles et éprouvants ». Il a également reconnu que les États-Unis s’attendaient à subir de nouvelles pertes, après la mort de quatre militaires américains, tout en assurant que leur réduction restait une priorité.

Interrogé sur la durée du conflit, Pete Hegseth a refusé de s’engager sur une échéance, alors que Donald Trump a évoqué la possibilité d’une guerre d’environ quatre semaines. Le chef du Pentagone a toutefois cherché à marquer une rupture avec les interventions en Irak et en Afghanistan, promettant que l’opération ne deviendrait pas une « guerre sans fin ».

Sur le fond, Washington affirme que l’objectif n’est pas un changement de régime à Téhéran, même si Hegseth s’est félicité de l’affaiblissement du pouvoir iranien après l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei par Israël. Les priorités affichées sont la neutralisation des capacités balistiques iraniennes, la dégradation de sa marine, la destruction d’infrastructures sécuritaires clés et l’empêchement définitif de tout accès à l’arme nucléaire.

Le général Caine a par ailleurs levé le voile sur le déclenchement de l’offensive. Selon lui, Donald Trump a donné son feu vert vendredi à 15 h 38, ordonnant le lancement de l’opération sans possibilité d’annulation. Avant les frappes cinétiques, des cyberopérations menées par le Cyber Command et la Space Force ont visé à « aveugler » les systèmes iraniens de communication et de détection.

Les combats ont débuté à 1 h 15 heure de la côte Est des États-Unis, après une frappe israélienne rendue possible par le renseignement américain et qui a éliminé des dizaines de hauts responsables iraniens. Dans la foulée, les forces américaines ont attaqué des cibles dans le sud de l’Iran avec plus de cent avions, des missiles Tomahawk tirés depuis des navires et des systèmes terrestres. Plus de 1 000 objectifs ont été frappés au cours des premières 24 heures, selon le Pentagone.

Cinquante-sept heures après le début de l’opération, l’effort militaire se concentre sur les centres de commandement et de contrôle, les sites de missiles balistiques, les forces navales et les capacités de renseignement iraniennes. Le général Caine affirme que ces frappes ont permis d’établir une supériorité aérienne locale, condition clé pour la poursuite des opérations.

Des renforts, notamment des avions de chasse, sont en cours de déploiement dans la région. Une enquête est également ouverte sur la perte de trois F-15 au Koweït, qui n’auraient pas été abattus par des tirs ennemis. Quant à la présence de troupes américaines au sol en Iran, Pete Hegseth a assuré qu’il n’y en avait pas « à ce stade », sans exclure d’éventuelles évolutions.

Cette séquence marque l’entrée dans une phase prolongée et structurée du conflit, confirmant que la campagne militaire américaine s’inscrit dans une logique de pression durable plutôt que dans une opération éclair.

 

ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

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