Londres refuse de participer aux frappes contre l’Iran, mais autorise l’usage de ses bases pour protéger ses alliés. Entre tensions avec Trump et escalade militaire au Moyen-Orient, la stratégie britannique se précise.
Par Sahby Mehalla
Photo : AP News / Stefan Rousseau
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé lundi que le Royaume-Uni n’avait pas participé à l’attaque initiale contre l’Iran, insistant sur le fait que l’engagement militaire de Londres dans la région reste strictement « défensif » afin de protéger ses alliés et ses intérêts stratégiques.
S’exprimant devant la Chambre des communes, le chef du gouvernement a expliqué que plusieurs partenaires du Golfe avaient sollicité l’appui britannique face aux frappes iraniennes. Il a dénoncé un comportement « de plus en plus imprudent » de Téhéran et réaffirmé que l’Iran ne devait en aucun cas accéder à l’arme nucléaire. Selon lui, la situation régionale évolue rapidement et la mort du guide suprême Ali Khamenei ne mettra pas fin aux attaques iraniennes, mais pourrait au contraire les intensifier.
Keir Starmer a toutefois tracé une ligne rouge claire, le Royaume-Uni participera à la défense de la région, mais ne prendra pas part aux opérations offensives menées par Israël ou les États-Unis contre l’Iran. Il a précisé que les forces britanniques avaient déjà intercepté des drones lancés par Téhéran vers des pays alliés et révélé que 300 soldats britanniques se trouvaient sur la base visée à Bahreïn lors de l’attaque.
Au cœur des tensions diplomatiques figure la base de Diego Garcia, dans l’océan Indien. Washington a demandé l’autorisation d’utiliser des installations militaires britanniques, y compris ce site stratégique, pour des missions liées à la défense des alliés contre les attaques iraniennes. Londres a donné son feu vert, en soulignant que cette utilisation s’inscrivait exclusivement dans un cadre défensif destiné à protéger les ressortissants britanniques et les partenaires régionaux.
Ces déclarations interviennent après les critiques de Donald Trump, qui s’est dit « très déçu » du délai nécessaire pour obtenir l’autorisation d’utiliser Diego Garcia dans un entretien accordé au Daily Telegraph. Le Premier ministre britannique a réaffirmé que la coopération militaire avec les États-Unis se poursuivait, tout en rappelant que toute utilisation des bases britanniques resterait conditionnée à des objectifs de défense.
Depuis samedi, Israël et les États-Unis mènent une offensive militaire contre l’Iran qui a coûté la vie à plusieurs hauts responsables militaires et sécuritaires ainsi qu’à des civils. Téhéran riposte par des salves de missiles et des drones visant Israël et des bases américaines dans le Golfe, certaines frappes ayant touché des infrastructures civiles, notamment des aéroports et des ports, alimentant le risque d’une escalade régionale majeure.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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