L’Iran met en garde les États-Unis contre une invasion terrestre

Publié le 29 mars 2026 à 19:47

Tensions extrêmes au Moyen-Orient, menaces directes, diplomatie en urgence et marchés sous pression. Un conflit qui pourrait redessiner l’équilibre mondial.

L’Iran met en garde les États-Unis contre une invasion terrestre

Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement iranien, s’exprime lors d’une conférence de presse à Beyrouth, au Liban, le samedi 12 octobre 2024. (Photo AP / Bilal Hussein, via Associated Press)

 

MOYEN-ORIENT — L’Iran a adressé une mise en garde directe aux États-Unis face à toute éventuelle intervention terrestre, alors que plusieurs puissances régionales doivent se réunir au Pakistan pour tenter de mettre fin à l’escalade militaire au Moyen-Orient.

Cette initiative diplomatique intervient après le déploiement d’environ 2 500 Marines américains dans la région et l’entrée des rebelles houthis, soutenus par Téhéran, dans un conflit désormais engagé depuis un mois.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré dimanche que les forces iraniennes « attendent l’arrivée de troupes américaines au sol pour les brûler et punir définitivement leurs alliés régionaux », il a ajouté que « les tirs se poursuivent, les missiles sont en place et la détermination ainsi que la foi ont été renforcées ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions accrues, alors que des discussions diplomatiques sont prévues à Islamabad, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivé au Pakistan pour participer à cette réunion, aux côtés de représentants attendus de la Turquie et de l’Égypte.

Le conflit en cours menace directement les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel, tout en provoquant des pénuries d’engrais et des perturbations majeures dans le transport aérien.

Le contrôle renforcé de l’Iran sur le détroit stratégique d’Ormuz continue de secouer les marchés et d’alimenter la volatilité des prix.

L’entrée des Houthis dans le conflit pourrait également aggraver la situation du commerce maritime mondial, notamment s’ils reprennent leurs attaques dans le détroit de Bab el-Mandeb, un passage clé par lequel transite environ 12 % du commerce mondial.

Dans ce climat tendu, un conseiller des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a qualifié l’Iran de « principale menace » pour la sécurité du Golfe, appelant à des garanties fermes pour empêcher toute nouvelle attaque contre les pays voisins, ainsi qu’à des compensations pour les infrastructures civiles ciblées.

Parallèlement, les efforts diplomatiques s’intensifient, le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, et son homologue pakistanais Ishaq Dar ont appelé à une désescalade et à un dialogue renforcé, l’Égypte plaide également pour un retour aux négociations directes entre Washington et Téhéran.

Sur le terrain, les hostilités se poursuivent, israël affirme coordonner étroitement ses opérations avec les États-Unis face aux attaques des Houthis.

L’armée israélienne indique que de nouvelles cibles restent à frapper, notamment dans les capacités de production de missiles balistiques.

De son côté, l’Iran a franchi un seuil inédit en menaçant de cibler des universités israéliennes et américaines dans la région, les qualifiant de « cibles légitimes » si Washington ne condamne pas les frappes visant des établissements iraniens.

Dans le même temps, plusieurs pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite et le Koweït, annoncent avoir intercepté des drones visant leurs infrastructures, illustrant l’extension du conflit au-delà des zones initiales.

Les frappes réciproques contre des infrastructures énergétiques stratégiques — raffineries, pipelines et terminaux pétroliers — laissent présager des conséquences économiques prolongées.

Christopher Knittel, économiste de l’énergie au Massachusetts Institute of Technology, estime que la destruction d’infrastructures critiques pourrait entraîner « des répercussions durables pendant des mois, voire des années ».

Sur le plan religieux, le pape Léon XIV a rejeté toute justification divine de la guerre lors d’une messe des Rameaux au Vatican, affirmant que « Dieu est le roi de la paix » et condamnant l’usage de la foi pour légitimer les conflits.

À Jérusalem, un incident inédit a été signalé, les autorités israéliennes ont empêché des responsables catholiques d’accéder à l’église du Saint-Sépulcre pour les célébrations, une première « depuis des siècles » selon le Patriarcat latin.

Les violences continuent de faire des victimes, trois journalistes ont été tués dans une frappe israélienne au Liban, suscitant de vives réactions, dans la bande de Gaza, des frappes ont causé la mort de plusieurs Palestiniens, tandis qu’un soldat israélien a été tué dans le sud du Liban.

En Irak, des attaques de drones visant des installations américaines ont provoqué de fortes explosions à Erbil, marquant une intensification des actions menées par des milices pro-iraniennes.

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