Malgré les tensions et le blocage, les médiateurs relancent les discussions entre Washington et Téhéran. Un accord reste possible, mais le temps presse avant la fin du cessez-le-feu.
Le vice-président américain JD Vance dirige la délégation des États-Unis lors de pourparlers de paix avec l’Iran au Pakistan. Photo par Jacquelyn Martin – Pool/Getty Images
FOCUS MONDE — MOYEN-ORIENT — Les efforts diplomatiques autour du dossier iranien restent actifs malgré un blocage apparent. Des médiateurs pakistanais, égyptiens et turcs poursuivent leurs échanges avec Washington et Téhéran dans l’objectif de réduire les divergences et parvenir à un accord susceptible de mettre fin au conflit.
D’après un responsable américain et une source régionale, toutes les parties estiment qu’un compromis demeure possible. L’enjeu est désormais de combler les derniers désaccords afin d’organiser un nouveau cycle de négociations avant l’expiration du cessez-le-feu prévue le 21 avril.
Dans ce contexte, l’administration de Donald Trump envisage un retour à l’option militaire si le blocus naval américain ne contraint pas l’Iran à infléchir sa position. Des infrastructures stratégiques, déjà ciblées avant l’annonce du cessez-le-feu, pourraient être visées. Selon des responsables américains, ce blocus fait partie intégrante de la stratégie de négociation visant à empêcher Téhéran d’utiliser le détroit d’Ormuz comme levier de pression.
« Nous ne sommes pas dans une impasse totale. La porte n’est pas encore fermée. Les deux camps négocient, c’est un véritable bazar », confie une source régionale. Un responsable américain abonde dans ce sens, estimant qu’un accord reste à portée si l’Iran fait preuve de davantage de flexibilité et accepte la proposition formulée à Islamabad.
De son côté, l’ambassadeur iranien au Pakistan, Reza Amiri Moghadam, affirme que les discussions n’ont pas échoué mais ont posé les bases d’un processus diplomatique durable. Il évoque la possibilité de bâtir un cadre stable si « la confiance et la volonté » sont renforcées entre les parties.
En coulisses, les négociations de 21 heures à Islamabad ont principalement achoppé sur le dossier nucléaire. Washington exige le gel de l’enrichissement d’uranium ainsi que l’abandon des stocks hautement enrichis. Téhéran, pour sa part, réclame la levée d’avoirs gelés en échange de concessions nucléaires.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que les deux camps étaient « à quelques centimètres » d’un accord avant que les États-Unis ne modifient leurs exigences, une version non confirmée par les responsables américains, qui reconnaissent néanmoins des avancées.
Sur le plan diplomatique, les ministres turc et égyptien des Affaires étrangères ont intensifié les échanges téléphoniques avec leurs homologues pakistanais, ainsi qu’avec l’émissaire américain Steve Witkoff et les représentants iraniens, dans une tentative de désamorcer la crise.
Le vice-président américain JD Vance, qui dirigeait la délégation américaine, a rencontré pour la première fois les responsables iraniens à Islamabad. Malgré des discussions qualifiées de « difficiles », celles-ci ont évolué vers un échange jugé « constructif ». Washington espère désormais que Téhéran reviendra à la table des négociations dans les prochains jours.
Après son départ du Pakistan, JD Vance a informé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de l’évolution des discussions. Ce dernier affirme que les États-Unis ont suspendu les négociations après avoir estimé que l’Iran ne respectait pas le cessez-le-feu, notamment en ne rouvrant pas le détroit d’Ormuz.
Selon lui, le principal point de blocage concerne l’élimination complète du matériel enrichi en Iran et l’interdiction de toute activité d’enrichissement à long terme.
Enfin, le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé que le blocus naval contre l’Iran entrerait en vigueur lundi à 10h (heure de l’Est). Il sera appliqué à tous les navires entrant ou sortant des ports iraniens, tout en garantissant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz pour les navires non iraniens.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Iran • États-Unis • Négociations nucléaires • Diplomatie internationale • Pakistan
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