Hausse des prix, tensions au Moyen-Orient et dépendance énergétique fragilisent l’Europe. Bruxelles alerte et accélère sa stratégie pour éviter une crise durable.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Photo : John Thys/AFP
FOCUS MONDE — EUROPE — La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti lundi que la sécurité et la stabilité dans le Golfe et au Moyen-Orient resteraient « impossibles » tant que le conflit au Liban se poursuit. Elle a également mis en garde contre les lourdes répercussions économiques de cette crise sur l’Europe.
S’exprimant à Bruxelles, Ursula von der Leyen a exprimé sa vive inquiétude face aux frappes continues sur le Liban, appelant à un respect strict de la souveraineté du pays et à un arrêt immédiat des hostilités. Elle a insisté sur le fait que « la sécurité est indivisible » et qu’elle ne peut être garantie dans la région tant que le Liban reste en proie à un conflit armé.
Elle a réitéré la nécessité d’un cessez-le-feu total, soulignant que l’Union européenne s’efforce de fournir une aide immédiate à la population libanaise, tout en rappelant que « l’aide ne peut remplacer la sécurité issue d’une paix durable ».
Par ailleurs, la présidente de la Commission a mis en garde contre les conséquences majeures d’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, appelant à garantir la liberté de navigation internationale. Elle a précisé que tout futur accord devra être global et traiter notamment des préoccupations liées au programme nucléaire iranien ainsi qu’aux entraves à la circulation maritime dans cette zone stratégique.
Ursula von der Leyen a également salué le rôle clé du Pakistan dans les efforts ayant conduit au récent cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.
Sur le plan économique, la dirigeante européenne a reconnu que les citoyens commencent déjà à ressentir les effets de la crise. La fermeture du détroit d’Ormuz entraîne une hausse des prix du carburant, des produits de consommation et des factures d’électricité à travers le continent.
Elle a révélé que la facture des importations de combustibles fossiles de l’Union européenne a augmenté d’environ 22 milliards d’euros en seulement 44 jours depuis le début de la crise.
Selon elle, cette situation confirme que l’Europe paie un « prix élevé » en raison de sa forte dépendance aux énergies fossiles importées.
Face à cette dépendance, Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité d’accélérer la transition énergétique. Elle a déclaré que l’objectif est de renforcer la production d’électricité en Europe à des coûts maîtrisés, en s’appuyant sur des sources renouvelables et nucléaires afin de garantir l’indépendance et la sécurité énergétiques.
Elle a précisé que ces deux sources représentent déjà plus de 70 % de la production d’électricité dans l’Union européenne, tout en soulignant l’urgence d’aller plus loin.
Dans ce contexte de crise, la Commission européenne prépare des mesures d’urgence. Ursula von der Leyen a annoncé un plan visant à coordonner la libération des stocks de pétrole afin de stabiliser les marchés, tout en veillant à ce que ces mesures ne perturbent pas le marché unique.
Elle a également indiqué que l’exécutif européen renforcera la coordination du stockage de gaz pour éviter toute concurrence entre États membres sur les marchés internationaux.
Enfin, elle a insisté sur la nécessité de protéger les populations les plus vulnérables et les secteurs les plus touchés, à travers des dispositifs de soutien aux revenus et des mesures financières ciblées, qui seront examinés lors du prochain Conseil européen à Chypre.
Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis envisageaient d’imposer un blocus aux navires entrant ou sortant des ports iraniens à partir de lundi.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Europe • Crise énergétique • Moyen-Orient • Ursula von der Leyen • Détroit d’Ormuz
Ajouter un commentaire
Commentaires