De Hollywood à la Bible, le texte « détourné » de Hegseth pour soutenir la guerre contre l’Iran

Publié le 17 avril 2026 à 09:52

Une prière controversée au Pentagone mêlant Bible et Pulp Fiction relance le débat sur l’usage de la religion pour justifier la guerre contre l’Iran.

De Hollywood à la Bible, le texte « détourné » de Hegseth pour soutenir la guerre contre l’Iran

Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth lors d’une conférence au Pentagone (Associated Press).

 

FOCUS MONDE — ÉTATS-UNIS — L’administration du président Donald Trump est accusée de mobiliser des références chrétiennes de manière « détournée » pour appuyer sa stratégie politique, notamment dans le cadre de la guerre contre l’Iran, présentée par certains responsables comme une « guerre sacrée ».

Le dernier épisode en date concerne le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth. Selon plusieurs médias internationaux, celui-ci a récité une prière controversée lors d’un office organisé au Pentagone pour bénir l’effort militaire contre Téhéran.

Hegseth a affirmé que ce texte lui avait été rapporté par un militaire ayant participé à une opération de sauvetage de deux pilotes américains après le crash de leur avion en Iran. Mais cette version est vivement contestée.

D’après le magazine People, la prière en question, présentée comme issue de la Bible, ressemble en réalité à un monologue culte du film Pulp Fiction, sorti en 1994. Seule la dernière phrase ferait véritablement référence à un verset biblique.

Le quotidien britannique The Guardian va plus loin et estime que le texte constitue une version « altérée » du discours prononcé par Samuel L. Jackson dans le film.

Lors de son intervention, Hegseth a récité ces mots en les présentant comme une prière militaire : « Le chemin du pilote abattu est cerné de toutes parts par l’injustice des égoïstes et la tyrannie des hommes mauvais… Heureux celui qui guide les égarés dans la vallée de l’ombre au nom de la camaraderie et du devoir… »

Le passage se conclut par une référence directe au verset biblique Livre d’Ézéchiel 25:17, évoquant une « grande vengeance » infligée aux ennemis.

Or, comme le souligne The Guardian, cette tirade reprend presque mot pour mot le célèbre monologue du personnage Jules Winnfield dans Pulp Fiction, prononcé avant l’exécution d’un adversaire.

Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a reconnu que la prière était « clairement inspirée » du film, tout en rejetant les accusations de mauvaise citation biblique.

La controverse ne s’arrête pas là. Le lendemain, Hegseth a de nouveau mobilisé des références chrétiennes pour critiquer les médias, comparant certains journalistes aux pharisiens accusés, dans les Évangiles, de comploter contre le Christ.

Lors d’une conférence de presse au Pentagone, il a déclaré que « la presse traditionnelle hostile à Trump » adoptait une attitude similaire, en cherchant systématiquement des éléments négatifs et en remettant en question chaque action.

Ces propos interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre l’administration Trump et Pope Leo XIV, ce dernier ayant exprimé son opposition à l’utilisation de la religion pour justifier les conflits armés.

Ces dernières semaines, Hegseth et Donald Trump ont multiplié les références religieuses pour commenter la guerre contre l’Iran. Ils ont notamment qualifié le sauvetage d’un pilote américain, survenu le jour de Pâques, de « miracle ».

Lors d’une précédente cérémonie religieuse, le chef du Pentagone avait même prié pour que les forces américaines puissent exercer une « violence écrasante » contre les ennemis jugés « indignes de miséricorde ».

Si l’usage de la rhétorique religieuse en temps de guerre n’est pas nouveau aux États-Unis, certains historiens, dont John Fea, estiment que l’administration Trump se distingue par un recours particulièrement explicite et assumé à ce registre.


ÉCRIT PAR LE MANIFEST


Tags : États-Unis • Pentagon • Pete Hegseth • Iran • Religion et politique

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.