Revers électoraux, tensions internationales… les alliés européens de Trump prennent leurs distances. Un tournant stratégique aux lourdes conséquences politiques.
Selon plusieurs rapports, le président américain Donald Trump est de moins en moins en phase avec les dirigeants de l’extrême droite européenne. (Getty)
FOCUS MONDE — EUROPE — Les figures de l’extrême droite européenne cherchent désormais à se démarquer de Donald Trump, alors que sa popularité chute aux États-Unis et que son influence politique à l’international suscite des interrogations croissantes.
Selon plusieurs analystes politiques, cette prise de distance s’est accélérée après la défaite électorale inattendue du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, au pouvoir depuis seize ans. Le revers de ce pilier du populisme européen alimente le débat sur l’impact négatif du soutien affiché par l’administration Trump, certains observateurs estimant que cette proximité a pesé sur le scrutin.
Dans ce contexte, la dirigeante française Marine Le Pen aurait appelé ses troupes à la prudence. Lors d’une réunion interne, elle aurait exhorté les élus de son parti à « garder leurs distances » vis-à-vis de l’ancien locataire de la Maison-Blanche, selon des sources politiques citées par POLITICO Europe. Une position qui reflète une stratégie plus large de repositionnement face à un allié devenu encombrant.
Cette méfiance ne date pas d’hier. Elle remonterait notamment à l’assaut du Capitole en 2021, un épisode qui aurait profondément marqué plusieurs responsables européens. Depuis, l’association avec Washington est perçue par certains comme un risque politique, susceptible d’être mal interprété par les électorats nationaux. « Nous apprécions nos alliés américains, mais nous ne voulons pas qu’ils dictent notre ligne », confie un proche de la dirigeante française.
En Allemagne, des voix similaires s’élèvent au sein de l’AfD. Le député Matthias Moosdorf a notamment critiqué le soutien visible apporté à Orbán, estimant que cette proximité avec Washington avait agi comme un « boulet » dans la campagne hongroise. Une analyse partagée par d’autres responsables, qui considèrent que le contexte international actuel rend toute affiliation trop marquée avec les États-Unis politiquement risquée.
Cette prise de distance intervient alors que Donald Trump fait face à une baisse significative de sa popularité sur le plan intérieur. Les critiques portent notamment sur sa gestion de l’économie et de la politique étrangère, à l’approche d’échéances électorales majeures.
Par ailleurs, la guerre en Iran et ses tensions publiques avec le pape Pope Leo XIV ont également contribué à refroidir certains alliés européens, renforçant l’idée que l’alignement avec Trump pourrait désormais constituer un handicap politique plutôt qu’un atout.
À mesure que les équilibres politiques évoluent, une chose devient claire, en Europe, même ses alliés idéologiques historiques semblent désormais recalibrer leur relation avec Donald Trump, dans une logique de survie électorale et de crédibilité stratégique.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Donald Trump • Extrême droite européenne • Marine Le Pen • Viktor Orbán • Relations transatlantiques
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