Le Brésil et l’Espagne en tête d’affiche des réunions de dirigeants progressistes à Barcelone

Publié le 17 avril 2026 à 15:34

À Barcelone, une alliance progressiste se structure face aux tensions mondiales et à la montée du populisme. Un sommet clé pour l’avenir des démocraties.

Le Brésil et l’Espagne en tête d’affiche des réunions de dirigeants progressistes à Barcelone

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, à droite, et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva passent en revue les troupes lors d’un sommet Espagne-Brésil à Barcelone, en Espagne, vendredi 17 avril 2026. (Photo AP/Joan Monfort)

 

FOCUS MONDE — ESPAGNE — Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva entame ce vendredi une visite officielle de deux jours en Espagne, marquée par une série de rencontres à Barcelone avec son homologue Pedro Sánchez et plusieurs dirigeants internationaux. Ces discussions s’inscrivent dans un contexte de préoccupations croissantes autour de l’avenir des démocraties face à la montée du populisme d’extrême droite.

Les deux dirigeants, figures majeures du camp progressiste en Amérique latine et en Europe, partagent une critique assumée de la politique du président américain Donald Trump, notamment après ses menaces de sanctions commerciales et sa ligne dure sur la scène internationale. Malgré ces divergences, Lula a tenu à clarifier la posture du sommet, affirmant dans un entretien accordé à El País que la rencontre « ne sera pas anti-Trump », mais centrée sur un diagnostic global de l’état des démocraties et les solutions à envisager.

Dès vendredi, Lula et Sánchez doivent signer plusieurs accords bilatéraux couvrant des domaines stratégiques comme l’économie, les technologies et les politiques sociales. Cette séquence diplomatique servira de prélude à deux événements majeurs organisés samedi dans la capitale catalane.

Le premier, baptisé IVe Réunion pour la défense de la démocratie, a été lancé en 2024 par le Brésil et l’Espagne pour lutter contre « l’extrémisme, la polarisation et la désinformation », des phénomènes identifiés comme des menaces structurelles pour les systèmes démocratiques. Parmi les participants attendus figurent notamment Claudia Sheinbaum, Cyril Ramaphosa, Gustavo Petro, ainsi que le président du Conseil européen António Costa.

La présence de Sheinbaum intervient dans un contexte diplomatique apaisé entre Madrid et Mexico, après que le roi Felipe VI a reconnu récemment les abus liés à la conquête espagnole des Amériques. Dans un climat régional marqué par un virage à droite en Amérique latine et une pression accrue de Washington, la présidente mexicaine s’impose comme l’une des voix majeures de la gauche.

Dans la foulée, une seconde rencontre, la Mobilisation progressiste mondiale, réunira quelque 3 000 participants, dont le sénateur démocrate américain Chris Murphy. L’événement vise à structurer une coordination internationale des forces progressistes autour de thèmes comme les inégalités salariales ou les stratégies électorales.

Ce cycle diplomatique intervient alors que Pedro Sánchez intensifie ses initiatives sur la scène internationale, revenant tout juste d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping. Parallèlement, Madrid a adopté une position ferme sur la guerre en Iran, en fermant son espace aérien aux avions militaires américains et en refusant l’usage de bases conjointes dans le sud du pays.

Pour Pol Morillas, directeur du centre de réflexion CIDOB à Barcelone, ces réunions traduisent une volonté des puissances intermédiaires de réaffirmer leur rôle dans un monde dominé par les grandes puissances. « Le monde n’appartient pas uniquement aux superpuissances », a-t-il résumé, soulignant une dynamique diplomatique émergente fondée sur la coopération entre États de taille moyenne.

Cette séquence politique illustre une recomposition stratégique du camp progressiste à l’échelle mondiale, dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues et de remise en question des équilibres démocratiques traditionnels.


ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA


Tags : Lula • Pedro Sánchez • Sommet Barcelone • Démocratie • Gauche progressiste

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