Algérie, 43 consuls en conclave à Alger une réponse stratégique aux défis de sa diaspora

Publié le 5 février 2026 à 11:57

Réunis en conclave exceptionnel à Alger, 43 consuls algériens venus de l’étranger planchent sur la protection des expatriés, la régularisation des sans-papiers et la modernisation de l’action consulaire, dans un contexte migratoire sous tension et de refonte stratégique de la relation entre l’État et sa diaspora.

Par @lemanifestmedia

Algérie, 43 consuls en conclave à Alger une réponse stratégique aux défis de sa diaspora

Photo : Ministère des affaires étrangères algérien

 

Une conférence exceptionnelle des chefs de postes consulaires réunissant 43 consuls algériens venus des quatre coins du monde s’est ouverte cette semaine à Alger, centrée sur la protection de la communauté nationale à l’étranger et la mise en œuvre de mesures de régularisation pour les citoyens en situation irrégulière, selon un communiqué gouvernemental publié mardi. 

Organisée pour la première fois depuis plus de deux décennies, cette rencontre de trois jours — qui se déroule du 2 au 4 février 2026 dans la capitale — intervient dans un contexte migratoire complexe et sous pression sociale, avec une diaspora estimée à plusieurs millions d’Algériens répartis principalement en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.

La conférence a été inaugurée par le Premier ministre algérien, entouré du ministre des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, dans une atmosphère officielle et résolument axée sur l’action. Selon les autorités, l’objectif principal est clair, réaffirmer l’engagement de l’État algérien envers ses ressortissants établis hors du territoire national, notamment les plus vulnérables. 

« L’Algérie accorde une place particulière à sa communauté nationale à l’étranger », a déclaré le Premier ministre lors de l’ouverture des travaux, ajoutant que le rôle des consulats doit dépasser la simple prestation de services administratifs pour devenir un vecteur de développement et de soutien social durable.

L’un des volets les plus discutés de la conférence est la mise en œuvre d’une procédure exceptionnelle de régularisation des Algériens en situation irrégulière dans les pays d’accueil. Cette initiative découle d’une décision prise par le président Abdelmadjid Tebboune début janvier 2026, invitant les ressortissants vulnérables à se rapprocher des représentations diplomatiques pour entamer les démarches de régularisation. 

Selon des communiqués officiels, le ministère des Affaires étrangères a rappelé que cette mesure s’adresse à ceux qui ne sont pas sous le coup de poursuites pour des faits graves, leur offrant ainsi la possibilité de régulariser leur statut et de renforcer leur sécurité juridique à l’étranger. 

Cette politique s’inscrit dans une dynamique globale visant à réduire la précarité chez la diaspora, qui connaît une forte demande de titres de séjour et de documents administratifs, en particulier en Europe. Dans certaines villes espagnoles, des files d’attente devant les consulats montrent l’ampleur du phénomène, de nombreux jeunes Algériens souhaitent aujourd’hui compléter les dossiers exigés pour bénéficier de la nouvelle réglementation.

Au-delà de la régularisation, le conclave aborde également des aspects plus larges, la sécurité sociale des expatriés, la lutte contre les discriminations, l’aide juridique, et le renforcement des liens économiques entre la diaspora et l’Algérie. Les autorités encouragent les postes consulaires à jouer un rôle « proactif », notamment en promouvant l’investissement et en soutenant le climat des affaires algérien auprès des communautés expatriées, un message répété par les responsables algériens à Alger.

Pour les observateurs, ce conclave marque un tournant dans la politique consulaire algérienne, longtemps perçue comme bureaucratique et limitée aux formalités de routine. En réunissant les principales figures de son réseau consulaire, l’Algérie montre sa volonté de repenser son approche envers sa diaspora, entre protection sociale, diplomatie économique et modernisation des services publics à l’international.

Alors que la question migratoire reste un défi majeur à l’échelle mondiale, ce dialogue renouvelé entre Alger et ses ressortissants à l’étranger pourrait devenir un modèle pour d’autres pays confrontés à une forte mobilité transnationale de leurs citoyens.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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