L’Iran consulte l’Arabie saoudite avant des pourparlers nucléaires décisifs avec les États-Unis

Publié le 5 février 2026 à 13:02

À la veille de discussions nucléaires sensibles prévues à Oman entre l’Iran et les États-Unis, le ministre iranien des Affaires étrangères a échangé avec son homologue saoudien. Un signal diplomatique fort, alors que des puissances régionales misent sur le dialogue pour éviter une nouvelle escalade au Moyen-Orient.

Par : @sahbymehalla

L’Iran consulte l’Arabie saoudite avant des pourparlers nucléaires décisifs avec les États-Unis

À quelques jours de pourparlers nucléaires sensibles entre Téhéran et Washington, prévus vendredi à Mascate, le chef de la diplomatie iranienne a pris l’initiative de consulter son homologue saoudien, signe d’une coordination régionale accrue autour d’un dossier explosif. Selon des informations concordantes, les deux ministres ont insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la diplomatie pour désamorcer les tensions persistantes au Moyen-Orient.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé la tenue de discussions nucléaires indirectes entre l’Iran et les États-Unis ce vendredi à Oman, un pays régulièrement sollicité comme médiateur discret entre puissances rivales. Ces échanges visent à relancer un dialogue gelé depuis des mois autour du programme nucléaire iranien, alors que les sanctions occidentales continuent de peser lourdement sur l’économie du pays.

L’appel téléphonique entre Abbas Araghchi et le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, s’inscrit dans un contexte diplomatique plus large marqué par un effort régional pour éviter une nouvelle escalade. Les deux responsables ont souligné l’importance de résoudre les différends par des moyens politiques et diplomatiques, alors que la région reste fragilisée par les conflits à Gaza, au Yémen et par les tensions entre l’Iran et Israël.

Plusieurs puissances régionales, dont Oman, ont activement œuvré en coulisses pour faciliter ces pourparlers, cherchant à réduire le risque d’un affrontement militaire direct entre l’Iran et les États-Unis. Mascate, fidèle à sa tradition de neutralité, s’impose une nouvelle fois comme une plateforme de dialogue stratégique, capable de réunir des acteurs aux intérêts divergents.

Côté iranien, le message officiel reste constant. Les discussions doivent se concentrer exclusivement sur la question nucléaire et sur la levée des sanctions, sans élargissement à d’autres dossiers régionaux. Une ligne rouge que Téhéran répète depuis plusieurs mois, tout en affirmant sa volonté de parvenir à un accord « réaliste et équilibré » .

À Washington, des responsables américains ont confirmé l’existence de ces contacts, tout en rappelant que les États-Unis attendent des « gestes concrets » de l’Iran concernant son programme d’enrichissement d’uranium. Le climat reste donc prudent, mais l’intensification des échanges diplomatiques, y compris avec l’Arabie saoudite, traduit une volonté partagée d’éviter le scénario du pire.

En toile de fond, le rapprochement irano-saoudien, amorcé en 2023 sous l’égide de la Chine, continue de produire des effets tangibles. L’appel entre les deux chefs de la diplomatie illustre une nouvelle dynamique régionale où Riyad cherche à jouer un rôle stabilisateur, tandis que Téhéran tente de briser son isolement diplomatique sans céder sur ses positions stratégiques.

Les discussions prévues à Oman pourraient ainsi marquer un tournant. Soit elles ouvrent la voie à une reprise progressive des négociations nucléaires, soit elles confirmeront l’ampleur des divergences encore à surmonter. Dans une région sous haute tension, chaque appel, chaque rencontre, devient un signal scruté de près par les chancelleries du monde entier.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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