Washington relance sa présence diplomatique en Syrie après plus d’une décennie de rupture. Entre signaux politiques, stratégie régionale et nouvelle donne post-Assad, les coulisses d’un rapprochement hautement symbolique.
Par @sahbymehalla
Des Syriens prennent des photos de l’ambassade américaine endommagée après l’attaque du complexe diplomatique par des manifestants pro-président syrien Bachar al-Assad, à Damas, en Syrie, le lundi 11 juillet. Photo AP News
L’administration du président américain Donald Trump a informé le Congrès de son intention d’avancer dans le processus de réouverture de l’ambassade des États-Unis à Damas, fermée en 2012 au plus fort de l’escalade de la violence en Syrie. Une notification transmise plus tôt ce mois-ci aux commissions parlementaires précise que le département d’État prévoit « une approche progressive » pour la reprise des activités diplomatiques dans le pays.
Daté du 10 février, le document indique que les premières dépenses liées à ce plan devraient être engagées dans un délai de quinze jours — soit dès la semaine prochaine — sans qu’aucun calendrier n’ait encore été fixé pour l’achèvement du processus ni pour le retour permanent du personnel diplomatique américain dans la capitale syrienne.
Washington étudie cette option depuis l’an dernier, peu après la chute de l’ancien président Bachar al-Assad en décembre 2024. Le dossier est devenu une priorité pour l’ambassadeur américain en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, Tom Barrack, qui s’est rendu à Damas en mai dernier. Lors de cette visite symbolique, il avait hissé le drapeau américain dans l’enceinte du complexe diplomatique, alors même que l’ambassade n’était pas encore officiellement rouverte.
Le jour même de l’envoi de la notification au Congrès, Tom Barrack avait salué la participation de la Syrie à la coalition internationale contre l’organisation État islamique, évoquant « des solutions régionales et une responsabilité partagée » et estimant que la présence de Damas à la réunion de Riyad marquait « un nouveau chapitre pour la sécurité collective ».
Vendredi, Donald Trump a de nouveau encensé le président syrien Ahmed al-Char’a, affirmant qu’il « faisait un travail remarquable » et le qualifiant « d'homme fort », dans ce qui apparaît comme un nouveau signal politique en faveur d’un rapprochement entre les deux pays.
La fermeture de l’ambassade américaine remonte à 2012, lorsque la répression du soulèvement anti-gouvernemental avait plongé la Syrie dans une guerre civile qui s’est prolongée jusqu’en 2024. La perspective d’une réouverture s’inscrit désormais dans la recomposition diplomatique post-conflit et dans la redéfinition de la stratégie américaine dans la région.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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