Iran, le détroit d’Ormuz sous pression, la stratégie de dissuasion plus que le blocus

Publié le 28 février 2026 à 20:03

Menaces, guerre psychologique et choc pétrolier mondial, pourquoi Téhéran peut paralyser le détroit sans le fermer réellement.

Par Sahby Mehalla

Iran, le détroit d’Ormuz sous pression, la stratégie de dissuasion plus que le blocus

Selon l’expert militaire et stratégique, le général de brigade Elias Hanna, l’Iran ne dispose pas des capacités matérielles pour fermer durablement le détroit d’Ormuz, mais une simple annonce d’un blocus suffirait à perturber le trafic maritime, les navires préférant éviter une zone considérée comme dangereuse.

Cette approche relève d’une logique de guerre psychologique et de contrôle des flux énergétiques mondiaux, dans l’un des points de passage les plus sensibles de la planète.

Dans son analyse du dispositif militaire iranien, l’officier souligne que la marine des Gardiens de la révolution possède une panoplie d’outils asymétriques capables de menacer la navigation, vedettes rapides, mines marines, sous-marins de poche et missiles de croisière.

Combinés à près de 2 400 kilomètres de façade maritime, ces moyens permettent à Téhéran d’exercer une pression constante sur l’ensemble du Golfe et au-delà, sans nécessairement imposer une fermeture totale du détroit.

Chaque jour, environ 20 % des approvisionnements pétroliers mondiaux transitent par ce corridor maritime stratégique. Un blocage réel exposerait donc l’économie mondiale à un choc immédiat, mais frapperait aussi l’Iran lui-même, fortement dépendant de cette voie pour ses propres exportations. Pour Téhéran, la question dépasse toutefois la seule dimension économique, elle touche à la survie du régime et à l’équilibre de la confrontation avec Washington et ses alliés.

L’annonce d’un arrêt du trafic, relayée par l’agence iranienne Mehr, s’inscrit pour l’expert dans une phase intermédiaire entre la menace et une éventuelle action concrète. L’objectif est d’user l’adversaire dans la durée en exploitant la géographie, alors que les États-Unis privilégieraient une confrontation rapide.

Des données de suivi maritime montrent déjà un ralentissement du trafic dans la zone, signe que la perception du risque agit comme un levier stratégique à part entière. Le détroit d’Ormuz demeure ainsi l’une des artères vitales du commerce international et, depuis les années 1980, un théâtre où se croisent rivalités régionales et intérêts des grandes puissances, faisant de chaque tension un signal immédiat pour les marchés de l’énergie et la sécurité mondiale.

 

ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

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