Téhéran revendique un recul stratégique du USS Abraham Lincoln après une salve de missiles, Washington dément fermement. Entre guerre des récits, frappes régionales et menace sur le détroit d’Ormuz, l’affrontement change de dimension et fait vaciller l’équilibre sécuritaire au Moyen-Orient.
Par Sahby Mehalla
L’escalade verbale et militaire entre Téhéran et Washington franchit un nouveau seuil. Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir contraint le porte-avions américain USS Abraham Lincoln à se replier après une attaque menée par missiles de croisière, une version catégoriquement rejetée par l’armée américaine.
Selon un communiqué militaire iranien, quatre missiles auraient été tirés en direction du bâtiment, dans le cadre de la neuvième vague de l’opération baptisée « Promesse sincère 4 ». Téhéran soutient que cette frappe a forcé le porte-avions à quitter sa zone d’opérations pour se repositionner vers le sud-est de l’océan Indien.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a rapidement contesté ces affirmations. L’armée américaine assure que les projectiles iraniens « ne se sont même pas approchés » du groupe aéronaval actuellement déployé en mer d’Arabie, démentant tout impact ou mouvement contraint.
Dans le même temps, les Gardiens de la Révolution affirment avoir frappé plusieurs installations militaires américaines dans la région. La base d’Al-Salem au Koweït aurait été « totalement mise hors service », tandis que des infrastructures de la base Mohammed Al-Ahmad auraient été détruites lors d’attaques coordonnées.
À Bahreïn, Téhéran évoque des frappes de drones contre la base navale du port de Salman ayant endommagé des centres de commandement et de soutien, ainsi que le tir de deux missiles balistiques contre des installations abritant des forces américaines.
L’Iran affirme également avoir ciblé trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz pour non-respect d’avertissements émis par ses autorités, déclarant que les navires étaient toujours en flammes. Le bilan avancé par les responsables iraniens fait état de 560 militaires américains tués ou blessés, un chiffre qui n’a pas été confirmé de source indépendante.
Pour les observateurs, cette confrontation illustre autant une bataille militaire qu’une guerre de communication. Téhéran met en avant la valeur symbolique du porte-avions, cible stratégique majeure, même en l’absence d’impact direct.
Des analystes militaires estiment qu’un éventuel repositionnement du bâtiment — s’il était confirmé — constituerait un indicateur opérationnel important, révélant l’effet de la pression balistique sur la liberté de manœuvre de la flotte américaine dans la zone.
Le ciblage de pétroliers dans le détroit d’Ormuz envoie par ailleurs un signal qui dépasse le strict cadre militaire, en plaçant sous tension l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde.
Depuis samedi, les États-Unis et Israël mènent des frappes contre l’Iran qui ont notamment coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei, à plusieurs hauts responsables sécuritaires et militaires ainsi qu’à des civils, selon les autorités iraniennes.
En riposte, Téhéran multiplie les tirs de missiles et les attaques de drones contre Israël et contre des bases américaines au Moyen-Orient. Certaines frappes ont touché des infrastructures civiles, notamment des aéroports, des ports et des bâtiments publics.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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