Au cœur d’une guerre régionale explosive, l’Iran désigne Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême. Institutions, armée et alliés du « camp de la résistance » lui prêtent allégeance. Une transition historique aux enjeux géopolitiques majeurs.
Par Sahby Mehalla
Photo du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, affichée sur un écran à Téhéran.
L’Iran a officiellement prêté allégeance à son nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, choisi pour succéder à son père défunt, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un contexte de guerre ouverte avec les États-Unis et Israël.
L’annonce de sa désignation a déclenché une vague de messages de soutien au sein des institutions iraniennes, tandis que les alliés régionaux de Téhéran ont salué ce choix comme une continuité de la « révolution islamique », selon la presse iranienne.
La nomination intervient dans un moment extrêmement tendu pour la République islamique, depuis le 28 février, l’Iran subit des frappes menées par les États-Unis et Israël, qui ont coûté la vie à plusieurs responsables iraniens, dont l’ancien guide suprême Ali Khamenei.
Dans ce contexte de guerre et d’instabilité, la désignation de Mojtaba Khamenei vise à assurer la continuité du pouvoir et à maintenir la cohésion du régime.
Selon l’agence officielle iranienne IRNA, plusieurs figures majeures de l’État ont rapidement exprimé leur soutien, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que l’élection du nouveau guide « annonce une nouvelle phase de dignité et de puissance pour la République islamique ».
Dans la même ligne, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a estimé que cette décision, prise dans un « moment critique et dangereux », permettra de préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de l’Iran.
Le corps diplomatique iranien, tant à l’intérieur qu’à l’étranger, a également prêté allégeance à Mojtaba Khamenei, présenté comme le troisième dirigeant de la révolution islamique depuis 1979.
Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a lui aussi salué cette nomination et appelé à se rassembler derrière la nouvelle direction du pays.
Au Parlement, le président du Majlis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a décrit l’élection du nouveau guide comme « un baume pour le corps de la société et du front révolutionnaire ».
De son côté, Ali Reza Arafi, président du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, a affirmé que cette décision intervient « au moment le plus sensible de l’histoire contemporaine du pays » et qu’elle confirme la volonté de poursuivre la voie tracée par le guide défunt et les « martyrs » de la révolution.
Les institutions judiciaires et administratives ont également salué cette transition, le chef du pouvoir judiciaire a estimé que cette nomination représente « une source d’espoir pour le peuple iranien », tandis que le Conseil suprême des provinces a parlé « d'une nouvelle étape dans l’histoire de la révolution ».
Le soutien le plus spectaculaire est venu des forces armées, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a proclamé sa loyauté totale au nouveau guide, qualifiant sa nomination de « nouvelle aube pour l’Iran ». L’état-major des forces armées iraniennes a annoncé qu’il resterait sur le terrain « avec encore plus de force et de détermination » sous les ordres du nouveau commandant suprême.
Dans un communiqué, le Conseil de défense iranien a même affirmé que les forces armées obéiront au nouveau dirigeant « jusqu’à la dernière goutte de sang », promettant de défendre l’héritage de l’ayatollah Ruhollah Khomeini et de l’ancien guide Ali Khamenei.
Au-delà des frontières iraniennes, plusieurs acteurs de l’axe de la résistance ont salué cette nomination, en Irak, des factions armées proches de Téhéran, dont l’Organisation Badr, Asaïb Ahl al-Haq et Kataeb Hezbollah, ont qualifié ce choix « d'extension bénie du parcours de la révolution islamique ».
Le secrétaire général d’Asaïb Ahl al-Haq, Qais al-Khazali, a estimé que Mojtaba Khamenei représente la continuité de « l’école révolutionnaire authentique ».
Au Yémen, le bureau politique du mouvement Ansar Allah (les Houthis) a lui aussi salué la nomination, la qualifiant de « coup retentissant porté aux ennemis de la République islamique et de la nation ». Selon ce mouvement, la désignation du nouveau guide dans un contexte aussi sensible constitue une nouvelle victoire pour la révolution iranienne.
Cette transition historique intervient alors que la guerre entre l’Iran et la coalition américano-israélienne continue de s’intensifier, plaçant le nouveau dirigeant face à l’un des défis les plus dangereux que la République islamique ait connus depuis sa fondation.
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