Images inédites, tensions extrêmes et risque d’offensive terrestre imminente, l’Iran envoie un signal fort dans une guerre qui pourrait basculer
Le commandant en chef, le général Amir Hatami, en réunion avec la chaîne de commandement militaire iranienne, selon des médias officiels iraniens.
IRAN — Alors que les États-Unis et Israël peinent à convertir leurs avancées militaires en Iran en victoire politique tangible, la perspective d’une offensive terrestre évoquée par le président américain Donald Trump semble se rapprocher.
Depuis plusieurs semaines, le conflit s’intensifie sans véritable basculement stratégique. L’armée israélienne affirme avoir mené plus de 400 frappes aériennes, en coordination avec les forces américaines, au cours des derniers jours. En réponse, l’Iran et le Hezbollah poursuivent leurs opérations, ciblant des zones sensibles en Israël.
Les frappes américano-israéliennes se concentrent notamment autour de Téhéran, de Tabriz au nord-ouest, ainsi que dans l’ouest du pays. En parallèle, les ripostes iraniennes visent principalement le centre, le sud et le nord d’Israël, en particulier la région métropolitaine de Tel-Aviv, cœur stratégique abritant plus de 4 millions d’habitants et de nombreuses infrastructures militaires et économiques.
Après cinq semaines de conflit, Washington et Tel-Aviv n’ont toujours pas réussi à obtenir un avantage militaire décisif capable de se traduire en gain politique. Cette impasse s’explique par la capacité de l’Iran à neutraliser la supériorité aérienne adverse.
Le camp américano-israélien mise sur une domination totale du ciel, tandis que l’Iran exploite sa géographie pour compliquer les opérations aériennes ennemies. Les États-Unis et Israël auraient ainsi segmenté le territoire iranien en zones opérationnelles pour optimiser leurs frappes coordonnées.
En réponse, Téhéran adopte une stratégie de dispersion, lançant des missiles depuis l’ensemble du territoire afin d’augmenter le risque pour les forces aériennes adverses et saturer leurs capacités de réponse.
Dans ce contexte, la publication par l’armée iranienne de photos d’une réunion de haut niveau, présidée par le commandant en chef le général Amir Hatami, apparaît comme un signal fort.
La tenue de cette réunion au quartier général de Khatam al-Anbiya, centre des opérations conjointes, en présence de nombreux commandants des forces terrestres, suggère que l’Iran se prépare activement à une éventuelle offensive terrestre — possiblement anticipée grâce à des renseignements militaires.
Parallèlement, les frappes de missiles iraniennes évoluent tactiquement. Désormais synchronisées avec les premières et dernières lueurs du jour, elles gagnent en efficacité opérationnelle.
Téhéran cible notamment la zone de Bnei Brak, à majorité ultra-orthodoxe, où le débat sur la conscription militaire est particulièrement sensible. Une stratégie visant à accentuer les tensions internes en Israël, tout en frappant une zone abritant également des installations industrielles liées à l’aéronautique militaire.
Les frappes coordonnées depuis l’Iran et le Liban se concentrent également sur des villes stratégiques comme Haïfa et Nahariya, dans une logique d’usure des systèmes de défense israéliens.
Sur le front libanais, des médias israéliens évoquent une avancée de l’armée jusqu’à 14 kilomètres au sud du Liban. Selon des sources citées par Haaretz, la progression reste complexe en raison du terrain accidenté.
L’armée israélienne cherche à sécuriser des positions en hauteur, notamment à Maroun al-Ras et sur la colline d’al-Oweida près d’Adaisseh, ainsi que dans la zone de Khiam, qui domine la région stratégique du « doigt de Galilée ».
Toutefois, la progression reste lente et indirecte, freinée par la résistance du Hezbollah. Les forces israéliennes évitent les zones densément peuplées afin de limiter les pertes humaines, avançant de manière fragmentée.
Les déclarations du chef d’état-major Eyal Zamir révèlent une tension croissante liée au manque d’effectifs.
Israël s’appuierait davantage sur ses unités blindées, un choix stratégique généralement adopté dans des situations critiques, notamment lorsque les pertes humaines atteignent des seuils significatifs — estimés ici à environ 35 % des forces.
Même lorsque des zones sont contrôlées, cette domination reste partielle, reposant sur des positions élevées plutôt que sur un contrôle territorial complet.
De son côté, le Hezbollah adapte sa stratégie en divisant ses forces. D’un côté, il cible les positions proches de la frontière, notamment autour de Misgav Am et des fermes de Chebaa. De l’autre, il frappe en profondeur jusqu’à Haïfa et Nahariya.
Cette double approche vise à attaquer à la fois les lignes de front et les arrières des forces israéliennes, accentuant la pression militaire globale.
La publication des images de commandement iranien ne relève pas d’un simple exercice de communication. Elle s’inscrit dans une logique de signal stratégique, suggérant une préparation active à une nouvelle phase du conflit. Dans un affrontement désormais structuré autour de l’usure, de la dispersion et de la pression multi-fronts, le risque d’une escalade terrestre apparaît plus crédible que jamais.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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