L’Algérie renforce ses partenariats énergétiques avec la Jordanie et la Corée, et relance BP

Publié le 14 avril 2026 à 19:10

Entre partenariats internationaux et retour de BP, l’Algérie s’impose comme un acteur clé du marché énergétique mondial en pleine crise.

L’Algérie renforce ses partenariats énergétiques avec la Jordanie et la Corée, et relance BP

Le ministre algérien des Hydrocarbures, accompagné de responsables de son ministère, lors d’une réunion à distance avec le ministre jordanien de l’Énergie (ministère algérien des Hydrocarbures).

 

MENA SCOPE — ALGÉRIE — L’Algérie intensifie ses initiatives dans le secteur énergétique sur plusieurs fronts, en multipliant les discussions commerciales avec la Jordanie, en explorant de nouvelles opportunités de partenariat avec la Corée du Sud, et en attribuant une licence d’exploration à la major britannique BP (British Petroleum) dans le bassin oriental.

Cette dynamique intervient dans un contexte de recomposition du marché mondial de l’énergie, marqué par des perturbations des approvisionnements liées aux tensions autour de l’Iran et à la fermeture du détroit d’Hormuz. Dans ce climat, Alger s’impose progressivement comme un fournisseur stratégique et relativement stable.

Face aux incertitudes géopolitiques, l’Algérie bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des marchés européens et asiatiques, engagés dans une diversification accélérée de leurs sources d’approvisionnement énergétique.

Selon l’agence de presse officielle algérienne, le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a échangé mardi avec son homologue jordanien Saleh Kharabsheh lors d’une réunion en visioconférence. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale dans les hydrocarbures, notamment à travers l’exportation de pétrole brut, de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Les deux parties ont également examiné les possibilités d’approvisionnement de la Jordanie en ressources énergétiques algériennes, ainsi que les perspectives de coopération dans les domaines du stockage, de la distribution et des infrastructures pétrolières.

Dans le même temps, Alger a accueilli le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères chargé des affaires économiques, Park Yoon-gan, accompagné d’une délégation officielle.

Les échanges ont mis l’accent sur le développement de partenariats dans l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration à la transformation, en passant par la production. Le groupe public Sonatrach apparaît au cœur de ces discussions, notamment pour attirer des investissements étrangers.

Les deux pays ont insisté sur la nécessité de bâtir des coopérations à forte valeur ajoutée, intégrant transfert de technologie, formation et renforcement des capacités locales. Des projets liés au dessalement de l’eau de mer et au développement durable ont également été évoqués.

Cette stratégie porte déjà ses fruits. En mars, les exportations algériennes de GNL ont bondi de 41 % sur un mois, atteignant 938 000 tonnes. Une progression qui illustre la montée en puissance de la demande internationale pour le gaz algérien, dans un contexte de tensions persistantes sur les flux énergétiques mondiaux.

Parallèlement, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures a annoncé l’attribution d’une nouvelle licence d’exploration à BP dans le bassin oriental.

Les autorités algériennes y voient un signal fort du retour de la confiance des majors internationales dans le potentiel énergétique du pays. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à moderniser le secteur, en intégrant des technologies avancées pour améliorer la connaissance du sous-sol et optimiser l’exploitation des ressources.

Avec un domaine minier de plus de 1,7 million de kilomètres carrés, l’Algérie dispose de vastes réserves encore sous-exploitées, renforçant son attractivité dans un marché en quête de stabilité.

Dotée d’infrastructures solides, incluant des gazoducs vers l’Europe et des terminaux GNL, l’Algérie bénéficie d’une flexibilité logistique significative. Le pays dispose actuellement d’une capacité d’exportation supérieure à 40 milliards de mètres cubes par an.

Les autorités ambitionnent d’augmenter la production de gaz naturel de 132 milliards à 200 milliards de mètres cubes d’ici 2027, une trajectoire qui pourrait consolider durablement la position d’Alger comme acteur clé du marché énergétique mondial.

Dans un environnement géopolitique sous tension, plusieurs analystes estiment que l’Algérie dispose aujourd’hui d’une opportunité stratégique majeure pour s’imposer comme un fournisseur incontournable, à condition d’accélérer les investissements et de renforcer ses alliances internationales.


ÉCRIT PAR LE MANIFEST


Tags : Algérie énergie • Gaz naturel • Partenariats énergétiques • BP exploration • Marché mondial énergie

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