Dans une étude récente révèle que des récompenses familières activent la préparation motrice du cerveau avant toute décision consciente, montrant que l’action peut être amorcée avant même le choix rationnel.
Par @lemanifestmedia
Une nouvelle étude neuroscientifique publiée le 20 janvier 2026 dans The Journal of Neuroscience montre que les signaux associés à des récompenses familières activent le système moteur du cerveau avant qu’une décision consciente ne soit prise. Cette découverte bouscule notre compréhension traditionnelle de la prise de décision humaine et met en lumière l’influence profonde de l’environnement sur notre comportement.
D’après les neuroscientifiques, ces résultats suggèrent qu’un stimulus associé à une valeur positive — un logo familier, un jingle publicitaire ou un objet de désir — prépare déjà l’action dans le cerveau avant même que la personne n’ait envisagé ou évalué consciemment ses choix possibles.
Dans le paradigme classique de la prise de décision, le cerveau évaluerait d’abord les options, puis planifierait le mouvement pour atteindre l’une d’elles. Mais cette nouvelle étude dirigée par des chercheurs de l’Université de Bologne démontre l’inverse, les récompenses préactivent la préparation motrice elle-même, avant l’analyse consciente des choix.
Pour observer ce phénomène, les scientifiques ont utilisé l’électroencéphalographie (EEG) afin de mesurer les ondes cérébrales dans la bande bêta (12–30 Hz) — un marqueur reconnu de préparation motrice et d’activation prémotrice. Une désynchronisation des ondes bêta dans l’hémisphère contrôlant la main associée à la récompense a été détectée dès la présentation du signal visuel récompensé, bien avant que la réaction comportementale ne soit requise.
« Beaucoup d’entre nous ont déjà ressenti cette impulsion, commencer à tendre la main vers un produit dans un supermarché juste en reconnaissant un signe familier, sans avoir réellement comparé d’abord toutes les options », explique Luigi Albert Enrico Degni, l’un des auteurs de l’étude. « Notre travail montre que les stimuli prédictifs de récompense peuvent directement engager le système moteur et tendre l’échelle de réponse vers une option plutôt qu’une autre. »
Cette recherche marque un tournant dans la compréhension des processus décisionnels en soulignant que le cerveau ne se contente pas d’évaluer des options de manière linéaire avant d’agir. Au contraire, les signaux environnementaux associés à des récompenses influencent directement les circuits moteurs, suggérant que la phase de préparation d’action est intégrée de manière intrinsèque dans la genèse de la décision elle-même.
Ce constat s’aligne sur des travaux antérieurs en neurosciences qui montrent que l’anticipation de récompense modifie l’activité neuronale bien avant l’action observée, impliquant le cortex moteur et des régions dopaminergiques majeures du cerveau.
Sur le plan pratique, ces résultats ont des implications directes pour comprendre comment les publicités, le design d’interface ou les signaux environnementaux influencent nos comportements. Ils suggèrent que le marketing, par exemple, ne se contente pas de capter l’attention, il préconfigure littéralement la réponse motrice du consommateur en favorisant certaines actions avant même que celui-ci ne réfléchisse pleinement.
Les concepteurs d’expériences produits, les psychologues cognitifs et les décideurs pourraient ainsi repenser la manière dont les choix sont présentés pour favoriser des comportements souhaités de façon plus neuro-fondée.
Cette étude ouvre des pistes pour repenser le modèle classique de prise de décision, en plaçant la préparation motrice au centre du processus plutôt qu’en tant que simple conséquence. À l’avenir, elle pourrait inspirer des recherches sur les troubles du comportement, l’impulsivité, ou encore l’optimisation des interfaces homme-machine.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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