De nouveaux documents publiés par la justice américaine ravivent la polémique autour de Donald Trump dans l’affaire Epstein. Témoignages, interrogatoires du FBI et bataille politique à Washington relancent un scandale aux lourdes implications.
Par Sahby Mehalla
Chuck Schumer évoque les dossiers Epstein lors d’une conférence de presse au Capitole à Washington, le 26 février 2026. (Getty Images)
Le département de la Justice des États-Unis a rendu publics de nouveaux documents issus du FBI liés à l’affaire du financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels et accusé d’avoir organisé un réseau d’exploitation de mineures.
Ces archives contiennent notamment le résumé d’interrogatoires menés en 2019 auprès d’une femme qui affirme avoir été victime d’agressions sexuelles dans les années 1980, et qui accuse également Donald Trump, alors promoteur immobilier, d’avoir abusé d’elle à cette époque.
Selon ces documents, la plaignante — dont l’identité reste confidentielle — a été interrogée à quatre reprises par le Federal Bureau of Investigation (FBI) entre juillet et octobre 2019.
Lors de ces auditions, elle affirme qu’Epstein l’aurait emmenée à New York ou dans le New Jersey alors qu’elle était âgée de 13 à 15 ans, où elle aurait rencontré Donald Trump.
D’après le compte rendu de l’un des interrogatoires, elle affirme avoir été agressée sexuellement par Trump lors de cette rencontre, sans toutefois fournir davantage de détails lors d’une audition ultérieure.
Le ministère américain de la Justice a expliqué que le résumé de ces interrogatoires n’avait pas été publié lors de la divulgation initiale de millions de pages de documents liés à l’affaire Epstein en janvier dernier, car il avait été considéré comme redondant par rapport à d’autres pièces du dossier. La publication intervient alors que le débat politique autour des archives Epstein s’intensifie à Washington.
La semaine précédente, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a accusé l’administration Trump de mener ce qu’il a qualifié de « vaste opération de dissimulation » autour de certains documents liés à l’affaire Epstein. Il a également mis en garde le ministère de la Justice contre toute destruction potentielle d’éléments de preuve.
La plaignante affirme que les faits qu’elle attribue à Donald Trump se seraient produits au début ou au milieu des années 1980. Toutefois, cette période semble correspondre à un moment où Epstein et Trump n’étaient pas encore en contact régulier, selon plusieurs éléments évoqués dans les dossiers.
Donald Trump a longtemps reconnu avoir fréquenté Epstein dans le passé, tout en affirmant ne jamais avoir eu connaissance de ses activités criminelles. L’ancien président soutient avoir rompu tout lien avec le financier bien avant que celui-ci ne fasse l’objet de poursuites judiciaires.
De son côté, Trump a récemment réagi à la publication de nouveaux documents liés à l’affaire Epstein en affirmant qu’ils ne contiennent aucun élément l’incriminant et qu’ils démontrent au contraire son innocence. Il a également suggéré qu’il pourrait engager des actions judiciaires contre ceux qui, selon lui, tentent de l’impliquer à tort dans ce scandale.
L’affaire Epstein continue de provoquer de fortes tensions politiques aux États-Unis, alors que des élus démocrates ont également rendu publics des courriels qu’ils estiment susceptibles de montrer que Trump aurait été informé des abus commis par le financier. La Maison-Blanche a vivement contesté ces accusations.
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