Trump à Davos : une offensive diplomatique agressive au cœur d’une crise transatlantique autour du Groenland

Publié le 20 janvier 2026 à 16:14

À l’ouverture du Forum économique mondial de Davos, Donald Trump affiche une posture offensive en relançant le dossier explosif du Groenland. Menaces tarifaires, crispations diplomatiques et inquiétudes au sein de l’OTAN, cette stratégie met à l’épreuve la cohésion transatlantique et place les alliés européens face à un test politique majeur.

Par @sahbymehalla

Trump à Davos : une offensive diplomatique agressive au cœur d’une crise transatlantique autour du Groenland

Photo : Anna Moneymaker / Getty Images

 

Dans un contexte international déjà tendu, le président américain Donald Trump fait son entrée au Forum économique mondial de Davos cette semaine avec un agenda plus agressif et ambitieux que jamais, placé sous le signe d’une confrontation ouverte avec ses partenaires de l’Union européenne et de l’OTAN autour du dossier du Groenland.

Depuis plusieurs semaines, Trump a relancé un projet controversé visant à acquérir le Groenland, une région autonome du Royaume du Danemark, déclenchant une crise diplomatique qui menace d’ébranler la cohésion transatlantique. Durant ce long bras de fer, les critiques européennes ont fusé, tandis que le président américain a intensifié sa rhétorique, mêlant pressions économiques et assertions sur la sécurité stratégique.

Au cœur de ce bras de fer, Donald Trump a clairement affiché sa volonté de ne « pas reculer » sur le dossier du Groenland, y compris en recourant à une escalade commerciale assumée. Dans un document officiel publié par la Maison Blanche, l’administration américaine confirme un mécanisme de tarifs dits “réciproques”, prévoyant des hausses progressives de droits de douane comprises entre 10 % et 25 %, appliquées en fonction des pays jugés responsables de déséquilibres commerciaux persistants avec les États-Unis . Cette ligne dure a été renforcée par une déclaration récente directe de Trump sur sa plateforme Truth Social, où il affirme être prêt à aller beaucoup plus loin, déclarant explicitement que la France pourrait faire face à des droits de douane portés jusqu’à 200 % si elle s’oppose aux objectifs américains, une menace qu’il a ensuite confirmée lors d’échanges récents avec des médias américains.

Cette posture a suscité une réaction indignée au sein de l’Union européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a dénoncé les menaces tarifaires comme une manœuvre de « chantage économique » et une violation des engagements transatlantiques, tout en annonçant des mesures pour renforcer la sécurité arctique et l’indépendance stratégique de l’Europe.

Les dirigeants européens réunis à Davos ont utilisé les premières journées du forum pour appeler à la désescalade et réaffirmer leur soutien à la souveraineté du Groenland et du Danemark. Ils ont également souligné la nécessité de préserver la cohésion de l’OTAN, mise à rude épreuve par cette crise.

Alors que Trump et son entourage se préparent à rencontrer des dirigeants internationaux à Davos, le spectre d’une fracture durable au sein de l’alliance occidentale plane. Plusieurs pays européens ont exprimé de fortes réserves, voire une condamnation ouverte, face aux tactiques de pression américaines, notamment la menace de sanctions économiques liées au Groenland.

En parallèle, des initiatives européennes visant à renforcer la présence militaire et stratégique dans l’Arctique ont été évoquées lors de discussions à Davos. certaines capitales européennes envisagent désormais de développer leurs propres capacités de surveillance et de défense dans la région, en réponse à ce qui est perçu comme une remise en cause des normes internationales de coopération.

Pour Trump, cette offensive au Forum économique mondial représente une opportunité de redéfinir le rôle des États-Unis sur la scène mondiale, en misant sur des stratégies jugées par ses adversaires comme très agressives — jusqu’à menacer d’affaiblir l’unité qui a fait la force de l’alliance transatlantique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les premières réactions des marchés financiers ne se sont pas fait attendre. Les actions européennes ont enregistré une volatilité accrue, alimentée par la crainte d’un conflit commercial prolongé entre Washington et Bruxelles. Du côté politique, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs capitales européennes, où la population a exprimé son rejet de toute pression sur la souveraineté territoriale du Groenland.

À l’aube des principaux discours et rendez-vous stratégiques à Davos, l’agenda de Trump s’annonce sous haute tension, avec une équation délicate à résoudre, concilier des ambitions géopolitiques déclarées avec la nécessité de maintenir la stabilité d’un partenariat transatlantique critiqué mais toujours structurant.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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