Trump partage une image controversée plaçant le Canada et le Groenland comme territoire américain et durcit son discours avec le chef de l’OTAN

Publié le 20 janvier 2026 à 15:10

Donald Trump a provoqué un tollé diplomatique en partageant une image montrant le Canada et le Groenland comme territoires américains, affirmant qu’il n’y aurait « aucun retour en arrière ». Une provocation assumée, relayée après des échanges avec le chef de l’OTAN, qui ravive les tensions transatlantiques et place la sécurité arctique au cœur du débat géopolitique.

Par @sahbymehalla

Trump partage une image controversée plaçant le Canada et le Groenland comme territoire américain et durcit son discours avec le chef de l’OTAN

Le vice-président JD Vance doit rencontrer les ministres des Affaires étrangères du Groenland et du Danemark. Photo : AP News 

 

Dans une escalade inédite des tensions transatlantiques, le président des États-Unis, Donald Trump, a publié lundi une série de messages et d’images sur sa plateforme Truth Social laissant entendre que le Groenland — et, de façon plus provocatrice, le Canada — devraient être considérés comme des territoires américains. Le mot-clé affiché « No going back » (« pas de retour en arrière ») illustre un ton ferme dans ses intentions, immédiatement perçu comme un signal politique fort par les dirigeants alliés. 

L’une des images partagées montre un carte altérée de l’Amérique du Nord recouverte du drapeau des États-Unis, dans laquelle Groenland et Canada apparaissent comme partie intégrante de la souveraineté américaine. Une autre représente Trump plantant un drapeau américain sur la surface glacée du Groenland.

Parallèlement à ces publications, Trump aurait discuté de ses ambitions avec le secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), affirmant que l’objectif de contrôle du Groenland était stratégique et non négociable. Cette conversation intervient à la veille du Forum économique mondial de Davos, où les dirigeants européens s’apprêtent à défendre l’ordre international libéral et la souveraineté territoriale des États. 

La tournure du discours du président américain a immédiatement suscité de vives réactions, l’Union européenne envisage des mesures de rétorsion commerciales, notamment des contre-tarifs sur les importations américaines, en réponse aux menaces de taxes américaines sur des pays européens qui soutiennent fermement la souveraineté du Groenland, la Commission européenne a qualifié l’annonce des droits de douane de « mauvais signal » envers des alliés de longue date, soulignant le risque d’ébranlement des relations transatlantiques.

Le gouvernement danois et les autorités groenlandaises ont fermement rejeté toute perspective d’annexion. Le Premier ministre groenlandais a rappelé que le territoire choisit d’appartenir au Royaume du Danemark et à l’alliance atlantique, rejetant toute prétention d’ingérence ou d’appropriation américaine.

Plusieurs dirigeants européens, dont le Premier ministre espagnol, ont averti que une invasion ou une annexion forcenée du Groenland pourrait légitimer les stratégies russes d’expansion et affaiblir l’unité de l’OTAN.

Au-delà de la provocation, cette séquence intervient dans un contexte où les questions de sécurité arctique prennent une dimension croissante, notamment face à la montée des intérêts russes et chinois dans la région. Le Groenland est stratégiquement situé le long des routes aériennes polaires et constitue un point d’appui militaire essentiel dans la surveillance nord-atlantique.

Pour les analystes, l’initiative Trump signale moins une intention réaliste de modification des frontières internationales qu’une tentative de repositionner les États-Unis en tant que puissance dominante dans l’Arctique, au détriment d’un consensus multilatéral qui caractérise l’architecture sécuritaire depuis la fin de la Guerre froide.

Ce qui vient ensuite

Le sujet sera au centre des discussions à Davos, où les dirigeants mondiaux tenteront de concilier leurs intérêts de défense collective et de stabilité stratégique, tout en limitant les impacts économiques et politiques d’une crise transatlantique croissante.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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