Allemagne–Chine, Friedrich Merz mise sur “une année de coopération et de croissance” depuis Pékin

Publié le 26 février 2026 à 17:59

En visite à Pékin, Friedrich Merz relance le partenariat stratégique avec la Chine entre promesses industrielles majeures, commande géante d’Airbus et tensions commerciales persistantes avec Berlin. Un déplacement décisif dans un contexte de recomposition géopolitique mondiale.

Par @sahbymehalla

Le chancelier allemand Friedrich Merz, à droite, serre la main du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors de leur rencontre en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), à Munich, en Allemagne, le samedi 14 février 2026. Thilo Schmuelgen/Pool Photo via AP News 

 

En déplacement officiel en Chine, le chancelier allemand Friedrich Merz a poursuivi jeudi sa visite par une étape hautement symbolique à la Cité interdite, ancien cœur du pouvoir impérial pendant plus de cinq siècles. 

Dans le livre d’or du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il a formulé le vœu « d'une année de coopération et de croissance » pour Berlin et Pékin, évoquant la rapidité, la force et l’énergie comme moteurs de cette relation bilatérale.

Cette séquence protocolaire s’inscrit dans la première visite du chef du gouvernement allemand en Chine depuis son entrée en fonction. 

Accompagné d’une importante délégation économique, Friedrich Merz a affiché auprès du président Xi Jinping son intention d’approfondir ce qu’il a qualifié de « partenariat stratégique global ». La Chine est restée l’an dernier le premier partenaire commercial de l’Allemagne, un paramètre central dans l’équation diplomatique et industrielle de Berlin.

Le dirigeant chinois a salué cette volonté, estimant que dans un contexte international marqué par les turbulences et l’interdépendance croissante, les deux puissances avaient besoin de renforcer leur communication stratégique et leur confiance mutuelle.

Cette visite intervient dans un moment charnière pour les relations transatlantiques. Elle fait suite aux déplacements récents du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique Keir Starmer, alors que plusieurs capitales européennes cherchent à consolider leurs liens avec Pékin sur fond d’écart croissant avec l’administration du président américain Donald Trump.

Sur le terrain économique, le chancelier allemand a encouragé les entreprises chinoises à investir davantage en Allemagne, tout en appelant à une approche « réaliste » des échanges. Il a également révélé que la Chine envisageait de commander jusqu’à 120 avions au constructeur européen Airbus, un signal fort pour l’industrie aéronautique du continent.

Friedrich Merz a toutefois pointé un déséquilibre commercial devenu structurel. Le déficit allemand vis-à-vis de la Chine a été multiplié par quatre depuis 2020, une situation qu’il juge « malsaine ». 

Berlin attribue largement cette évolution aux surcapacités industrielles chinoises, aux soutiens publics jugés distorsifs et à une monnaie considérée comme sous-évaluée, autant de facteurs qui alimentent un excédent commercial chinois ayant atteint environ 90 milliards d’euros avec la première économie européenne l’an dernier.

Entre opportunités industrielles majeures, rivalités systémiques et recomposition géopolitique, la visite du chancelier allemand illustre la ligne de crête européenne, coopérer avec Pékin sans ignorer les tensions commerciales et les impératifs de souveraineté économique.

 

ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA

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