Frappes coordonnées, guerre de l’information et versions irréconciliables entre Israël et l’Iran, les déclarations explosives de Netanyahou plongent la région dans une nouvelle phase de tension maximale. Qui dit vrai ? Les enjeux stratégiques et les zones d’ombre à découvrir.
Par Le Manifest
Une femme brandit une photo de Khamenei lors de manifestations iraniennes contre l’attaque américano-israélienne (Getty).
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé que des « preuves croissantes » indiqueraient que le guide suprême iranien Ali Khamenei ne serait plus en vie, tandis que l’Iran a immédiatement rejeté ces déclarations, assurant que son dirigeant se trouvait « en parfaite santé ». Cette séquence intervient dans un contexte d’escalade militaire majeure entre Israël, les États-Unis et la République islamique.
Selon la chaîne israélienne Channel 12, l’opération visant Khamenei aurait été coordonnée entre Washington et Tel-Aviv, mais menée par l’armée de l’air israélienne, qui aurait largué une trentaine de bombes sur un site souterrain où il se trouvait. Le média affirme également que le secrétaire militaire du guide ainsi que plusieurs membres de sa famille auraient été tués.
Des informations relayées par The Wall Street Journal évoquent, d’après des sources présentées comme proches du dossier, une « forte conviction » côté israélien quant à la mort du dirigeant iranien.
L’ambassadeur d’Israël à Washington aurait informé des responsables américains que Khamenei avait été tué lors d’une frappe israélienne, citant des données issues du renseignement.
Le quotidien Israel Hayom affirme pour sa part que les services de sécurité auraient présenté à Netanyahou une documentation montrant le corps du guide suprême extrait des décombres, tandis que la radiodiffusion publique israélienne évoque des rapports sécuritaires allant dans le même sens.
Cette dernière soutient également que les négociations menées précédemment avec Téhéran auraient servi de manœuvre de diversion en préparation de l’attaque, décidée plusieurs semaines à l’avance par Donald Trump et le chef du gouvernement israélien.
Face à cette avalanche d’affirmations, Téhéran oppose un démenti ferme. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré à ABC News que le guide suprême Ali Khamenei et le président Massoud Pezeshkian étaient « vivants et en bonne santé ».
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a tenu des propos similaires, reconnaissant toutefois que certains responsables pourraient avoir été tués, tout en minimisant l’impact de ces pertes.
L’attaque, lancée samedi sous le nom de « Rugissement du lion », marque un tournant stratégique. En annonçant l’opération, Donald Trump a déclaré que les États-Unis entendaient « détruire le programme balistique iranien, raser son industrie de missiles et anéantir sa flotte navale ». En riposte, l’Iran a promis une « réponse sévère », tirant des salves de missiles vers Israël ainsi que vers ce qu’il présente comme des bases militaires américaines dans le Golfe.
Dans l’immédiat, aucune confirmation indépendante n’a permis d’établir le sort réel d’Ali Khamenei. L’information reste donc au cœur d’une guerre de communication qui accompagne désormais l’affrontement militaire, chaque camp cherchant à imposer son narratif dans un conflit aux conséquences régionales potentiellement majeures.
ÉCRIT PAR LE MANIFEST
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