Soutenus selon plusieurs responsables par le Mossad et la CIA, des groupes kurdes iraniens pourraient ouvrir un nouveau front contre Téhéran. Une stratégie explosive qui pourrait bouleverser l’équilibre du conflit au Moyen-Orient.
Par Le Manifest
Des Kurdes célèbrent le jour du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien dans le centre historique d’Erbil, dans la soirée du 25 septembre. © Laurence GEAI / SIPA
Selon des responsables américains et israéliens ainsi qu’une source au sein d’une faction kurde iranienne, plusieurs groupes armés kurdes se préparent à lancer une possible offensive terrestre contre le régime iranien dans le nord-ouest du pays. Cette opération pourrait constituer la prochaine phase du conflit en cours impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël.
L’hypothèse d’une offensive kurde coordonnée avec la campagne de bombardements menée par Washington et Tel-Aviv pourrait intensifier la pression sur le pouvoir iranien. Une telle stratégie viserait également à encourager une insurrection interne susceptible de s’étendre à d’autres régions du pays.
Six jours avant le déclenchement de la guerre, cinq groupes dissidents kurdes iraniens basés en Irak ont annoncé la création d’une alliance appelée Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien, destinée à combattre le régime de Téhéran. Ces factions disposent de plusieurs milliers de combattants stationnés le long de la frontière irano-irakienne et contrôlent des zones considérées comme stratégiques.
Au cours des dernières semaines, plusieurs centaines de militants auraient été déplacés depuis des camps situés du côté irakien de la frontière vers le territoire iranien, dans le cadre de préparatifs pour une éventuelle offensive, selon une source proche de l’une des organisations. Les milices kurdes iraniennes bénéficieraient d’un soutien du CIA et du Mossad.
L’objectif serait de permettre à ces groupes de prendre le contrôle d’un territoire précis dans la région kurde d’Iran afin de défier l’autorité du régime et de provoquer un soulèvement plus large.
Un responsable israélien a déclaré que « la guerre a commencé par une phase cinétique menée par les armées américaine et israélienne, mais d’autres efforts menés par le Mossad et la CIA pourraient suivre ».
Lors d’un briefing confidentiel devant le Congrès américain, le secrétaire d’État Marco Rubio a toutefois déclaré : « Nous n’armons pas les Kurdes. Mais avec les Israéliens, on ne sait jamais. »
L’idée d’appuyer les factions kurdes iraniennes pour lancer une offensive terrestre depuis l’Irak aurait initialement été proposée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et par le Mossad, avant que la CIA ne rejoigne le projet à un stade ultérieur.
Les responsables israéliens auraient promis à ces groupes un soutien militaire mais aussi politique, notamment la perspective d’une région kurde autonome dans un futur Iran si le régime venait à s’effondrer. Toutefois, certains responsables américains s’inquiètent du manque de puissance militaire des factions kurdes, qui pourraient se retrouver en première ligne face aux forces iraniennes.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que le président Donald Trump n’avait approuvé aucun plan visant à soutenir une offensive des milices kurdes contre le régime iranien. Ni la CIA ni le Mossad n’ont souhaité commenter ces informations.
Dans le même temps, Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec les dirigeants kurdes irakiens Masoud Barzani et Bafel Talabani pour discuter du conflit et des évolutions possibles. Les deux dirigeants auraient exprimé des réserves quant à une implication dans une invasion terrestre de l’Iran.
Face à ces développements, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est entretenu avec le Premier ministre irakien Mohammed Shia al‑Sudani pour évoquer le risque d’une incursion armée depuis le territoire irakien.
Dans un communiqué, le gouvernement irakien a assuré qu’il « ne permettra en aucune circonstance que le territoire irakien serve de base à une menace contre l’Iran ».
Depuis le début de la guerre, des frappes aériennes israéliennes auraient visé plusieurs positions militaires iraniennes dans la région du Kurdistan, notamment des bases des Gardiens de la révolution et des postes de police. Parallèlement, l’agence iranienne Tasnim a rapporté que la ville de Bukan, dans le nord-ouest de l’Iran près de la frontière irakienne, avait été lourdement bombardée.
Pour l’heure, les factions kurdes iraniennes ont démenti avoir lancé une offensive terrestre. Une source kurde indique toutefois que celle-ci pourrait débuter dans les prochains jours, les groupes attendant un « feu vert » des États-Unis avant de passer à l’action.
ÉCRIT PAR LE MANIFEST
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