Des responsables israéliens admettent une guerre sans plan crédible pour renverser le régime iranien

Publié le 13 mars 2026 à 10:21

Des responsables israéliens admettent que la guerre contre l’Iran a été lancée sans stratégie réaliste pour renverser le régime. Une révélation qui interroge sur les véritables objectifs du conflit et ses risques nucléaires.

Par Le Manifest

Des responsables israéliens admettent une guerre sans plan crédible pour renverser le régime iranien

Trump et Netanyahu sont entrés en guerre sans plan clair pour renverser le régime iranien (AFP).

 

Des responsables sécuritaires israéliens reconnaissent que l’attaque contre l’Iran a été lancée sans stratégie réaliste visant à provoquer la chute du régime à Téhéran.

L’idée selon laquelle les frappes aériennes pourraient déclencher un soulèvement populaire reposait davantage sur une forme de « pensée souhaitée » que sur une analyse solide fondée sur des renseignements fiables.

La correspondante du journal à Jérusalem, Emma Graham-Harrison, souligne que le système politique iranien demeure largement intact près de deux semaines après une campagne aérienne intense et l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. 

Dans le même temps, le président américain Donald Trump étudierait la possibilité de mettre fin à une guerre devenue politiquement et économiquement coûteuse.

Dans les cercles militaires israéliens, certains responsables estiment désormais que le véritable critère d’évaluation du conflit ne sera pas l’ampleur des destructions militaires infligées à l’Iran, mais le sort d’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi, une quantité jugée suffisante pour produire plus de dix têtes nucléaires, selon ces responsables, si ce stock demeure sous contrôle iranien, il pourrait accélérer la décision de Téhéran de développer l’arme nucléaire.

D’anciens responsables israéliens de la défense mettent en garde contre ce scénario, ils estiment que laisser cet uranium sur le territoire iranien pourrait transformer toute « victoire militaire » en succès coûteux, après des frappes d’une telle ampleur, la direction iranienne pourrait en effet considérer l’arme nucléaire comme la seule garantie de survie du régime.

La situation reste d’autant plus incertaine que l’assassinat d’Ali Khamenei soulève des interrogations sur l’orientation politique de son successeur présumé, Mojtaba Khamenei, certains observateurs redoutent qu’il adopte une ligne encore plus radicale en accélérant les efforts nucléaires iraniens.

Malgré ces incertitudes, la guerre bénéficie d’un soutien significatif au sein de l’establishment militaire israélien, notamment depuis les attaques du 7 octobre 2023, qui ont profondément marqué la doctrine sécuritaire israélienne, depuis cet épisode, Israël privilégie une stratégie visant à neutraliser les menaces militaires perçues le plus rapidement possible.

Les frappes aériennes ont déjà infligé de lourds dégâts à l’infrastructure militaire et industrielle iranienne. 

Selon des responsables, plusieurs sites liés aux missiles balistiques, des installations de production ainsi que des scientifiques et ingénieurs associés au programme militaire iranien auraient été visés.

Toutefois, plusieurs experts militaires jugent que renverser le régime iranien uniquement par une campagne aérienne relève d’une hypothèse irréaliste à court terme, dès le lancement du conflit, les appels de Benjamin Netanyahu et de Donald Trump à un changement de régime ont immédiatement transformé la guerre en enjeu existentiel pour les dirigeants iraniens.

À ce stade, aucun signe d’insurrection populaire massive ni de fracture majeure au sein des appareils sécuritaires iraniens n’a été observé. 

Certains analystes estiment néanmoins que l’impact réel de la guerre pourrait se manifester sur le long terme, à travers l’affaiblissement progressif de l’économie iranienne et de son appareil sécuritaire.

Un ancien haut responsable israélien résume l’impasse stratégique actuelle, Israël, selon lui, n’est « ni prêt ni capable de transformer ses succès militaires en solution politique durable », il avertit que sans stratégie diplomatique parallèle, le pays risque de rester « bloqué dans cette situation », avec un conflit prolongé et une pression internationale croissante.

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