Les prix explosent au-delà de 116 $, guerre Iran-Houthis en escalade, marchés sous tension maximale. Analyse complète d’un choc énergétique mondial imminent.
KOWEÏT – 15 janvier. Une pompe d’extraction fonctionne dans un champ pétrolier près de la frontière avec l’Arabie saoudite. Le Koweït, qui représente environ 10 % de la production mondiale de pétrole, a assuré qu’il augmenterait sa production si nécessaire en cas de conflit en Irak. (Photo par Joe Raedle/Getty Images)
MOYEN-ORIENT — Les marchés pétroliers ont ouvert en forte hausse dimanche, propulsant le prix du baril au-delà des 116 dollars, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient.
Des rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont lancé des missiles et des drones contre Israël au cours du week-end, tout en promettant de poursuivre leurs offensives.
Cette flambée des prix intervient alors que le conflit entre l’Iran et ses adversaires entre dans sa cinquième semaine, sans signe tangible d’apaisement, malgré les déclarations de Donald Trump évoquant une possible issue diplomatique.
Sur le plan des marchés, le baril de Brent, référence mondiale, a progressé de 3,3 % pour atteindre 116,25 dollars, de son côté, le WTI, principal indicateur américain, a également grimpé d’environ 3 %, frôlant les 103 dollars le baril.
Dans le même temps, plus de 3 500 soldats américains, dont environ 2 500 Marines, ont été déployés au Moyen-Orient, selon des responsables cités samedi, une montée en puissance militaire qui reflète la gravité de la situation régionale.
À Téhéran, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a menacé de s’en prendre directement aux troupes américaines et d’intensifier les attaques contre leurs alliés, selon les médias officiels iraniens.
Les rebelles houthis ont revendiqué une attaque de missile contre Israël samedi, marquant une potentielle entrée directe dans le conflit.
L’État hébreu affirme avoir intercepté le projectile tiré depuis le Yémen, une première depuis le début de la guerre.
Sur le front politique américain, Jim Himes, figure clé de la commission du renseignement à la Chambre des représentants, a accusé Donald Trump de « mentir ouvertement » sur l’existence de négociations avec l’Iran, selon lui, cette posture aurait renforcé la position stratégique de Téhéran.
« Les Iraniens ont compris qu’ils avaient désormais les leviers », a-t-il déclaré sur CBS, soulignant l’impact direct sur les prix de l’énergie, avec une hausse de plus d’un dollar par gallon aux États-Unis.
En effet, le prix de l’essence s’approche désormais des 4 dollars le gallon, atteignant 3,98 dollars selon les données de l’AAA.
L’analyste énergétique Daniel Yergin, vice-président de S&P Global, alerte sur un risque majeur, une perturbation des routes maritimes en mer Rouge par les Houthis, alternative stratégique au détroit d’Ormuz.
Ce dernier, déjà partiellement bloqué par l’Iran, représente près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime, une aggravation de la situation pourrait provoquer, selon lui, « la perturbation pétrolière la plus grave de l’histoire ».
Toutefois, le cabinet Eurasia Group estime que l’Arabie saoudite pourrait limiter l’ampleur des attaques grâce à des mécanismes d’influence régionale, les Houthis pourraient privilégier des actions ciblées, sans aller jusqu’à perturber massivement les flux pétroliers saoudiens.
Enfin, Mike Sommers, président de l’American Petroleum Institute, souligne que la forte production domestique américaine — plus de 13 millions de barils par jour — a permis de contenir la hausse des prix.
« Si nous étions dans la situation d’il y a dix ans, avec une production limitée à 5 millions de barils par jour, les prix auraient explosé bien davantage », a-t-il affirmé.
Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, les marchés énergétiques restent sous pression maximale, tandis que les risques de perturbation globale de l’approvisionnement continuent de s’intensifier.
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