Le Pakistan prêt à accueillir des pourparlers entre Washington et Téhéran.

Publié le 30 mars 2026 à 10:34

Islamabad tente d’ouvrir le dialogue, mais menaces, frappes et escalade militaire plongent la région dans une crise incontrôlable. 

Le Pakistan prêt à accueillir des pourparlers entre Washington et Téhéran.

Pakistan. Photo : Talha Riaz / Pexels

 

MOYEN-ORIENT — Islamabad affirme vouloir jouer un rôle clé dans la désescalade, le Pakistan a annoncé dimanche son intention d’accueillir prochainement des discussions entre les États-Unis et l’Iran, dans un contexte de guerre régionale qui s’intensifie depuis près d’un mois.

Aucune confirmation officielle n’a toutefois été donnée ni par Washington ni par Téhéran, laissant planer des incertitudes sur la nature — directe ou indirecte — de ces échanges.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a déclaré que son pays était « honoré » de faciliter un dialogue entre les deux puissances, après une réunion à Islamabad réunissant des diplomates de Turquie, d’Égypte et d’Arabie saoudite.

Selon les autorités pakistanaises, cette initiative est le fruit de plusieurs semaines de diplomatie discrète, Islamabad bénéficiant de relations relativement équilibrées avec les deux camps.

Mais sur le terrain, les tensions restent à leur comble, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a rejeté ces discussions, les qualifiant de manœuvre de diversion après le déploiement de quelque 2 500 Marines américains au Moyen-Orient.

Dans des propos rapportés par les médias d’État iraniens, il a averti que les forces iraniennes « attendent l’arrivée des troupes américaines au sol pour les réduire en cendres ».

Téhéran a également menacé de cibler les domiciles de responsables militaires et politiques américains et israéliens dans la région, un porte-parole militaire iranien a justifié ces menaces par les frappes visant des zones résidentielles en Iran, alimentant une escalade verbale et militaire inquiétante.

Sur le front israélo-libanais, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé l’élargissement de l’offensive militaire au Liban, avec l’objectif d’étendre la « zone de sécurité » dans le sud du pays et d’affaiblir le Hezbollah soutenu par l’Iran, plus d’un million de Libanais ont déjà été déplacés par le conflit, selon les estimations locales.

Dans le même temps, les frappes aériennes israéliennes sur Téhéran se poursuivent, l’armée israélienne affirme avoir largué plus de 120 munitions en 24 heures sur des sites liés à la recherche et à la production d’armes.

Le conflit, déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, a déjà fait plus de 3 000 morts et s’étend désormais au-delà du champ militaire classique, les tensions perturbent les marchés mondiaux, notamment en raison du contrôle stratégique exercé par Téhéran sur le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial.

Par ailleurs, l’entrée en guerre des rebelles houthis soutenus par l’Iran menace également la sécurité maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, un autre corridor vital pour le commerce international, les répercussions économiques commencent à se faire sentir, entre hausse des prix de l’énergie et perturbations du trafic aérien.

Sur le plan diplomatique, l’Égypte pousse pour l’ouverture d’un « dialogue direct » entre Washington et Téhéran, alors que les échanges ont jusqu’ici été indirects.

L’Iran, de son côté, a rejeté une proposition américaine en 15 points, préférant avancer son propre plan incluant notamment la fin des assassinats ciblés, des garanties de non-agression et la reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz.

Enfin, un nouveau seuil d’escalade pourrait être franchi après que l’Iran a menacé de considérer comme des « cibles légitimes » les universités israéliennes et les campus américains dans la région, en réponse à des frappes ayant touché plusieurs établissements d’enseignement supérieur en Iran.

Dans ce contexte explosif, toute tentative de médiation apparaît fragile, le Pakistan tente de s’imposer comme un canal diplomatique crédible, mais la dynamique actuelle du conflit laisse peu de place à un apaisement rapide.

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