République démocratique du Congo, l’opposition alerte sur une dérive constitutionnelle

Publié le 30 mars 2026 à 17:34

Révision constitutionnelle explosive en RDC, l’opposition dénonce une dérive politique majeure et met en garde contre une crise institutionnelle imminente.

République démocratique du Congo, l’opposition alerte sur une dérive constitutionnelle

Moïse Katumbi déclare que toucher au texte de la Constitution, largement approuvé par le peuple lors de son adoption, ne résoudra pas les crises du pays, mais les aggravera (Associated Press).

 

CONGO — La tension politique monte d’un cran en République démocratique du Congo, l’opposant Moïse Katumbi, figure majeure de la scène politique nationale, met en garde contre toute tentative de révision de la Constitution, qu’il considère comme une menace directe pour la stabilité du pays.

Lors d’une prise de parole récente, l’ancien gouverneur du Katanga a dénoncé une « manœuvre dangereuse », estimant que ce projet viserait à ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, selon lui, toucher à un texte fondamental largement approuvé par référendum ne ferait qu’aggraver les crises structurelles du pays au lieu de les résoudre.

Katumbi pointe également une contradiction politique notable, il rappelle que Tshisekedi lui-même s’était opposé avec fermeté à toute modification constitutionnelle il y a une dizaine d’années, lorsque le pouvoir de Joseph Kabila envisageait une telle réforme.

Il qualifie aujourd’hui cette initiative de « trahison envers le peuple », insistant sur le fait que les véritables enjeux résident dans la gouvernance défaillante, marquée par des infrastructures dégradées, des salaires insuffisants, un chômage élevé et une insécurité alimentaire persistante.

Face à cette situation, l’entourage de Katumbi structure une riposte politique en quatre axes, d’abord, mobiliser l’opinion publique et renforcer l’unité de l’opposition, ensuite, s’appuyer sur la société civile pour activer les mécanismes démocratiques, troisièmement, lancer une offensive diplomatique afin d’alerter les partenaires internationaux, enfin, envisager des sanctions contre toute tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel.

Malgré une rhétorique ferme, l’opposant insiste sur la nécessité d’un dialogue national inclusif, notamment pour mettre fin aux violences persistantes dans l’est du pays, il appelle à recentrer les priorités sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens, plutôt que sur des réformes institutionnelles controversées.

Dans un contexte régional déjà instable, ce débat autour de la Constitution ravive les tensions politiques internes et pourrait redéfinir les équilibres du pouvoir à court et moyen terme.

Pour l’opposition, défendre le cadre constitutionnel revient désormais à défendre l’unité et la cohésion du pays.

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