Tunisie, quatre ans de prison pour deux dirigeants d’Ennahdha dans l’affaire de la mort d’un ex-parlementaire

Publié le 25 février 2026 à 15:48

Un tribunal tunisien inflige de lourdes peines dans l’affaire de la mort de l’ex-député Jilani Daboussi, un dossier sensible mêlant responsabilités politiques, accusations de violations des droits humains et bataille judiciaire encore ouverte.

Par @lemanifestmedia

Le tribunal de première instance de Tunis a condamné mercredi les dirigeants du mouvement Ennahdha, Noureddine Bhiri et Mondher Ounissi, à quatre ans de prison dans le cadre de l’affaire liée au décès de l’homme d’affaires et ancien député Jilani Daboussi.

Selon le jugement, une ancienne médecin et un ancien procureur général ont écopé de deux ans de prison avec sursis, tandis que l’ex-ministre de la Santé Abdellatif Mekki a été acquitté.

Jilani Daboussi, figure du monde des affaires et parlementaire sous la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali, est décédé le 7 mai 2014, quelques heures seulement après sa libération de prison, où il était détenu pour des accusations de corruption, de détournement de fonds et de favoritisme.

Les accusés ont à plusieurs reprises nié toute implication dans la mort de Daboussi.

Le verdict rendu reste préliminaire et peut faire l’objet d’un appel devant les juridictions supérieures.

L’enquête judiciaire avait été ouverte le 10 janvier 2022 par le parquet pour des soupçons portant notamment sur :

▸ tentative de meurtre avec préméditation,

▸ torture et mauvais traitements commis par un agent public,

▸ abstention d’accomplir un acte légal.

Dès 2019, la famille de Daboussi avait saisi le Comité des droits de l’homme des Nations unies, accusant les autorités tunisiennes de violations durant sa détention provisoire, évoquant :

▸ négligence médicale,

▸ mauvais traitements,

▸ dépassement des délais légaux de détention.

Le 21 juin 2024, le juge d’instruction avait ordonné l’incarcération de Noureddine Bhiri dans le cadre de ce dossier.

Au moment des faits, Bhiri occupait le poste de ministre de la Justice, tandis qu’Abdellatif Mekki était ministre de la Santé.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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