Tragédie en Méditerranée, des migrants égyptiens portés disparus, Le Caire appelle à la vigilance

Publié le 25 février 2026 à 15:54

Un bateau chavire, des vies basculent et toute une jeunesse confrontée à l’impasse économique. Enquête sur un naufrage qui relance la question brûlante des migrations clandestines entre l’Égypte et l’Europe.

Par @lemanifestmedia

Tragédie en Méditerranée, des migrants égyptiens portés disparus, Le Caire appelle à la vigilance

Une nouvelle catastrophe migratoire endeuille l’Égypte. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé ce mercredi suivre de près le naufrage d’une embarcation de migration irrégulière en route vers la Grèce, transportant une cinquantaine de personnes dont 21 ressortissants égyptiens. Le drame, survenu le 22 février au départ d’un pays voisin non précisé, a déjà fait trois morts confirmés, tandis que 18 autres Égyptiens restent portés disparus.

Dans un communiqué officiel, la diplomatie égyptienne a indiqué que le chef de la diplomatie, Badr Abdelatty, avait chargé l’ambassade d’Égypte à Athènes d’intensifier les contacts avec les autorités grecques afin de suivre les opérations de recherche, d’accélérer l’identification des victimes et de rapatrier les dépouilles dans les plus brefs délais.

Le Caire a parallèlement lancé un appel pressant à ses citoyens, les exhortant à faire preuve de la plus grande prudence et à ne pas céder aux réseaux de passeurs, insistant sur les dangers extrêmes des traversées illégales « quelles qu’en soient les motivations ».

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, un bateau parti le 19 février de Tobrouk, dans l’est de la Libye, a chaviré à environ 20 milles nautiques de l’île grecque de Crète. Au moins 30 personnes pourraient avoir péri. Les autorités n’ont pas encore confirmé s’il s’agit de la même embarcation que celle évoquée par la diplomatie égyptienne.

Chaque année ou presque, des drames similaires rappellent le coût humain de ces routes maritimes empruntées par de jeunes Égyptiens en quête d’un avenir meilleur sur l’autre rive de la Méditerranée. Les rêves d’ascension sociale se transforment alors en tragédies, les familles recevant des cercueils à la place des promesses de réussite.

Les données de Frontex et des Nations unies montrent l’ampleur du phénomène. En 2025, plus de 17 000 Égyptiens ont traversé la Méditerranée, considérée comme la route migratoire la plus meurtrière au monde, où 1 328 personnes de différentes nationalités ont trouvé la mort ou ont été portées disparues.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte économique particulièrement dégradé. Depuis 2022, la livre égyptienne a perdu plus des deux tiers de sa valeur, le prix du pain a été multiplié par trois et celui des carburants par quatre. Dans un pays où près de la moitié de la population a moins de 30 ans, la détérioration des perspectives économiques alimente le recours aux filières clandestines.

Face à ces flux, l’Union européenne a conclu en 2024 un accord de développement économique de 7,4 milliards d’euros avec l’Égypte, visant notamment à freiner les départs irréguliers. Mais sur le terrain, la pression migratoire demeure forte, portée par la combinaison de la crise sociale, du chômage des jeunes et de l’attrait persistant de l’Europe.

Cette nouvelle tragédie rappelle brutalement que la Méditerranée reste une frontière mortelle, où l’espoir d’une vie meilleure continue de se heurter à la réalité des réseaux de trafic et aux limites des politiques de contrôle migratoire.

 

ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION

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