Avec un méga-plan d’investissements jusqu’en 2030, Sonatrach mise sur 500 nouveaux puits, la pétrochimie et des projets d’envergure mondiale pour sécuriser les réserves, réduire les importations et propulser l’Algérie au cœur du marché énergétique international.
Par @lemanifestmedia
QG de Sonatrach. Photo AP News
Le groupe public algérien Sonatrach prépare un vaste programme d’investissements destiné à renforcer les réserves nationales d’hydrocarbures entre 2026 et 2030, selon des déclarations de son directeur général Noureddine Daoudi rapportées par l’agence de presse algérienne. L’exploration et la production, considérées comme le cœur stratégique de toute compagnie énergétique, concentreront à elles seules 75 % des dépenses de développement prévues sur cette période.
Dans le détail, le plan prévoit le lancement d’un programme d’exploration de grande ampleur couvrant 66 % du domaine minier national des hydrocarbures, avec le forage d’environ 500 puits. Cette offensive s’appuiera également sur l’acquisition de technologies avancées de sismique 2D et 3D ainsi que sur des études géologiques de traitement et de retraitement des données, afin d’optimiser l’identification de nouveaux gisements.
L’objectif affiché est clair, renouveler la base des réserves du pays pour répondre à la demande du marché domestique, soutenir les grands projets structurants du secteur et consolider la place de l’Algérie sur l’échiquier énergétique international. Le groupe met en avant les 17 découvertes d’hydrocarbures enregistrées l’an dernier, qu’il considère comme la preuve du potentiel encore largement inexploité du sous-sol national.
Au-delà de l’amont pétro-gazier, Sonatrach entend opérer un basculement stratégique vers un modèle intégré où la pétrochimie deviendrait un levier central de souveraineté industrielle, de diversification économique et de création de valeur locale. Cette orientation vise notamment à attirer des investissements directs étrangers, générer des emplois et stimuler le tissu des PME, en particulier dans la transformation des plastiques, tout en réduisant la dépendance aux importations de produits pétrochimiques.
Dans le raffinage et la chimie, le groupe évoque plusieurs projets « de taille mondiale » destinés à atteindre l’autosuffisance. Sonatrach collabore déjà avec la société turque Rönesans sur une unité de polypropylène en construction en Turquie et poursuit l’étude d’autres complexes liés à la production de plastiques et de méthanol avec différents partenaires.
Fondée en 1963 au lendemain de l’indépendance, Sonatrach demeure la première entreprise d’Afrique dans le secteur des hydrocarbures et le principal pilier de l’économie algérienne. Selon son rapport annuel, ses exportations ont atteint près de 45 milliards de dollars en 2024.
ÉCRIT PAR : LA RÉDACTION
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