Des images satellites révèlent un déploiement militaire américain exceptionnel dans le sud d’Israël, en pleine montée des tensions régionales et au moment des négociations sur le nucléaire iranien. Un mouvement stratégique qui redessine l’équilibre sécuritaire au Moyen-Orient et soulève de nombreuses questions sur les intentions de Washington.
Par @sahbymehalla
F-22 Raptor de l’US Air Force, symbole de la supériorité aérienne américaine et de la technologie furtive de cinquième génération. Image : u/NealB27 / Reddit.
Des clichés satellites diffusés par la société chinoise spécialisée dans les technologies spatiales MizarVision montrent le stationnement de chasseurs furtifs américains F-22 Raptor sur la base aérienne d’Ovda, dans le sud d’Israël, un déploiement inhabituel qui s’inscrit dans un renforcement militaire américain plus large au Moyen-Orient.
Selon les données visuelles publiées avec ces images, environ onze appareils de cinquième génération auraient été déployés sur le site. L’analyse spatiale laisse également apparaître ce qui pourrait correspondre à des batteries de défense aérienne Patriot installées sur la même base. Cette présence s’ajoute à l’arrivée, ces derniers jours, de centaines de vols militaires vers des bases en Europe et dans la région, ainsi qu’aux manœuvres intensifiées de groupes aéronavals en Méditerranée.
D’après le Times of Israel, le stationnement d’avions de combat américains sur des bases israéliennes pour des missions opérationnelles — et non pour des exercices conjoints — constitue un fait « extrêmement rare ». La chaîne publique israélienne Kan a confirmé que les images chinoises concordaient avec ses propres informations faisant état du déploiement d’une douzaine de chasseurs américains dans le sud du pays. Elle qualifie cette présence « d'exceptionnelle » hors du territoire américain, soulignant qu’elle vise à fournir des capacités uniques propres au F-22.
Toujours selon Kan, le commandant de l’armée de l’air israélienne, le général Tomer Bar, s’est rendu sur la base où sont positionnés les appareils. Au cours des dernières 24 heures, des avions de transport militaire, des ravitailleurs en vol et un appareil de transport de personnel de l’armée américaine y ont également atterri. Parmi les arrivants figureraient des équipes techniques chargées de la maintenance, de l’armement et du soutien opérationnel de l’escadron.
Si les autorités israéliennes n’ont pas officiellement commenté ce déploiement, un responsable du Commandement central américain (Centcom) en a confirmé les détails à la radiodiffusion publique israélienne. Le choix de la base d’Ovda s’expliquerait notamment par la capacité d’Israël à faire face aux attaques de missiles, une expertise acquise lors de la confrontation avec l’Iran en juin dernier.
Base clé pour l’entraînement de l’armée de l’air israélienne, Ovda abrite notamment l’escadron de simulation des forces adverses, surnommé « le Dragon volant » ou « l’escadron rouge », dont la mission est de reproduire les tactiques aériennes ennemies afin d’entraîner les unités opérationnelles à différents scénarios de combat.
Sur le plan technologique, le F-22 Raptor représente l’un des avions de combat les plus avancés au monde. L’appareil combine furtivité, supercroisière, manœuvrabilité élevée et avionique intégrée, avec des capacités air-air et air-sol permettant d’imposer rapidement la supériorité aérienne à longue distance. Conçu comme un pilier de la force de frappe globale américaine, il est destiné à neutraliser toute menace susceptible d’entraver les opérations des forces américaines.
Ce déploiement intervient alors que Genève accueille un nouveau cycle de négociations indirectes entre Washington et Téhéran sur le dossier nucléaire iranien. Parallèlement, le Pentagone a renforcé sa présence dans le Golfe et le détroit d’Ormuz, avec notamment le positionnement des groupes aéronavals de l’USS Gerald R. Ford et de l’USS Abraham Lincoln, chacun équipé de missiles et d’environ cinquante avions de combat de dernière génération, dans un contexte de préparation militaire accrue.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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