L’Iran annonce fermer le détroit d’Ormuz aux navires américains, israéliens et européens. Une décision explosive qui menace l’une des routes pétrolières les plus stratégiques de la planète et fait grimper les tensions au Moyen-Orient.
Par Sahby Mehalla
Les missions du Corps des Gardiens de la révolution iranienne se sont élargies au fil du temps, jusqu’à devenir l’un des piliers majeurs de l’État iranien moderne. (Getty Images)
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a annoncé jeudi la fermeture du détroit d’Ormuz aux navires des États-Unis, d’Israël et de plusieurs pays européens, dans un contexte de forte escalade militaire au Moyen-Orient.
Selon la télévision d’État iranienne, cette restriction ne viserait que les navires appartenant aux « pays hostiles », tandis que les autres bâtiments pourraient continuer à emprunter cette voie maritime stratégique.
Le commandement des Gardiens de la révolution a averti que tout navire lié aux États-Unis, à Israël ou à leurs alliés occidentaux serait considéré comme une cible potentielle s’il tentait de traverser le détroit. Cette déclaration marque une nouvelle étape dans la confrontation régionale qui s’intensifie depuis plusieurs jours autour de l’Iran.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que le contrôle du détroit d’Ormuz devait rester entre les mains de Téhéran en période de guerre. Dans des déclarations aux médias, il a expliqué que la situation militaire actuelle impose des « mesures spéciales » concernant la circulation maritime. Selon lui, les navires commerciaux ou militaires appartenant à des pays considérés comme ennemis ne seront pas autorisés à franchir le passage stratégique.
Le responsable iranien a également laissé entendre que le détroit pourrait rester fermé tant que les opérations militaires visant l’Iran se poursuivront, suggérant une stratégie de pression économique et géopolitique sur les puissances occidentales.
Dans le même temps, des médias officiels iraniens ont affirmé que les Gardiens de la révolution avaient ciblé une pétrolière américaine dans le nord du golfe Persique, ajoutant que le navire serait actuellement en flammes. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante.
Cette annonce intervient alors que la tension maritime s’intensifie également dans l’océan Indien. Téhéran accuse Washington d’avoir coulé une frégate iranienne au large du Sri Lanka, un incident dénoncé par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Dans un message publié sur le réseau social X, il a qualifié l’attaque de « brutalité » commise en haute mer et averti que les États-Unis « regretteront profondément » cette opération, qui aurait visé la frégate Dena transportant environ 130 marins.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, constitue l’un des passages maritimes les plus stratégiques du monde. Environ un cinquième du commerce mondial de pétrole y transite, ce qui explique pourquoi toute perturbation dans cette zone peut avoir des répercussions immédiates sur l’économie mondiale.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
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