L’armée israélienne reconnaît une pénurie de soldats devenue « insoutenable »

Publié le 31 mars 2026 à 23:33

Sous pression sur plusieurs fronts, l’armée israélienne fait face à une pénurie critique de soldats. Une crise stratégique majeure qui pourrait redéfinir l’équilibre du conflit.

L’armée israélienne reconnaît une pénurie de soldats devenue « insoutenable »

Funérailles d’un sergent israélien tué dans le sud du Liban aux côtés de trois autres soldats (Getty Images)

 

MOYEN-ORIENT — L’armée israélienne a admis, mardi soir, faire face à une crise de ressources humaines désormais qualifiée de « insoutenable », appelant à l’adoption urgente d’une nouvelle législation pour élargir le recrutement militaire, alors que les opérations s’intensifient sur plusieurs fronts.

Lors d’une conférence de presse, le porte-parole militaire Effie Defrin a indiqué que le déficit actuel oscillait entre 12 000 et 15 000 soldats.

Il a insisté sur la nécessité d’imposer le service militaire à de nouvelles catégories de la population, visant implicitement les juifs ultra-orthodoxes (haredim), historiquement exemptés de conscription.

Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, le Premier ministre Benjamin Netanyahu subit une pression croissante de la part des partis religieux pour maintenir ces exemptions, tandis que l’opposition réclame une conscription universelle sans exception.

Sur le terrain, l’armée israélienne est engagée simultanément sur plusieurs théâtres d’opérations.

Elle participe aux frappes contre l’Iran depuis le 28 février, déploie quatre divisions dans le sud du Liban et maintient des forces importantes en Cisjordanie ainsi que dans la bande de Gaza, théâtre d’un conflit prolongé et dévastateur depuis près de deux ans.

Plus tôt dans la journée, l’armée a annoncé la mort de quatre soldats, dont un officier de la brigade Nahal, ainsi que la blessure de trois autres lors d’affrontements rapprochés avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

Quelques jours auparavant, le chef d’état-major Eyal Zamir avait déjà alerté, lors d’une réunion du cabinet de sécurité, sur un risque « d'effondrement de l’armée » si la crise des effectifs n’était pas rapidement résolue.

Selon Effie Defrin, plus de 100 000 réservistes sont actuellement mobilisés, mais l’armée aurait encore besoin d’environ 15 000 soldats supplémentaires, dont 7 000 à 8 000 combattants.

Dans un contexte d’escalade, le Hezbollah a tiré mardi soir près de 40 roquettes en direction du nord d’Israël, marquant l’une des salves les plus intenses depuis le début du conflit.

Le porte-parole militaire a reconnu que ces attaques n’avaient pas été anticipées et a averti qu’elles pourraient se poursuivre pendant la période des célébrations de Pessah, tout en assurant que les forces restaient en état d’alerte maximale.

Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël mènent des frappes massives contre l’Iran, provoquant des milliers de morts et de blessés, ainsi que l’élimination de plusieurs figures de premier plan, dont le guide suprême Ali Khamenei.

Parallèlement, l’offensive israélienne au Liban, lancée le 2 mars, aurait causé la mort de 1 268 personnes et fait 3 750 blessés, tout en entraînant le déplacement de plus d’un million de civils, selon les autorités libanaises.

En réponse, l’Iran et le Hezbollah multiplient les tirs de missiles et de drones vers Israël, les chiffres officiels font état de 24 morts et 6 239 blessés côté israélien, bien que certains observateurs estiment que le bilan réel pourrait être plus élevé en raison d’un manque de transparence.

Par ailleurs, Téhéran affirme cibler des bases et intérêts américains dans plusieurs pays du Golfe ainsi qu’en Jordanie. Des attaques qui, selon les autorités locales, ont également touché des infrastructures civiles et causé des victimes.


ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA

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