Israël pousse Washington vers une intervention terrestre contre l’Iran. Entre hésitation stratégique et escalade militaire, une décision explosive pourrait redéfinir l’équilibre mondial.
Benjamin Netanyahu a exhorté Donald Trump à ne pas céder aux pressions de l’opinion publique opposée à la guerre contre l’Iran. Image : Rami Atawi / IG ramiqaddoumi
MOYEN-ORIENT — Selon des informations rapportées par le média israélien Maariv, Israël intensifie ses pressions sur le président américain Donald Trump afin de lancer une opération terrestre « courte et décisive » contre l’Iran, avant d’envisager toute voie diplomatique.
D’après ces révélations, les autorités israéliennes redoutent que Washington privilégie des négociations sans avoir neutralisé l’ensemble des capacités militaires iraniennes. Cette crainte alimente une stratégie assumée d’escalade, reposant sur une intervention terrestre limitée, soutenue par des moyens de renseignement et de logistique.
Toujours selon Maariv, plusieurs responsables israéliens interprètent les positions fluctuantes de Donald Trump — oscillant entre désescalade et intensification militaire — comme le signe d’un arbitrage encore incertain.
Deux options majeures seraient actuellement à l’étude côté américain :
▸ une intensification des frappes, notamment contre des infrastructures énergétiques clés comme l’île de Kharg et le champ gazier de South Pars ;
▸ ou l’ouverture de négociations visant à encadrer les programmes nucléaire et balistique iraniens, sans démantèlement complet de l’appareil militaire.
Les projections évoquent des frappes pouvant s’étendre sur plusieurs jours, voire une semaine, notamment dans le contexte de l’ultimatum fixé par Washington pour la réouverture du détroit d’Ormuz.
Selon des sources israéliennes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son entourage privilégient clairement l’option militaire. Ils estiment qu’un accord à ce stade serait perçu comme une victoire stratégique de l’Iran.
Un responsable sécuritaire israélien précise toutefois qu’Israël n’envisage pas de déployer ses propres troupes au sol, mais se dit prêt à fournir un soutien maximal — en renseignement et en logistique — si les États-Unis décident d’agir.
Dans ce contexte, Benjamin Netanyahu a déclaré que le conflit avait « dépassé la moitié de son chemin en termes d’objectifs », confirmant une volonté de poursuivre les opérations jusqu’à obtention de résultats concrets.
Lors d’une interview accordée à la chaîne américaine Newsmax, il a également exhorté Donald Trump à ne pas céder à la pression de l’opinion publique opposée à la guerre, affirmant qu’un dirigeant ne pouvait se contenter de suivre les sondages.
Si un changement de régime en Iran reste évoqué en filigrane, les analystes israéliens jugent cet objectif difficilement atteignable dans le contexte actuel, notamment en l’absence de soulèvement populaire massif.
Israël privilégie désormais une stratégie « d'attrition profonde », visant à affaiblir durablement l’économie iranienne. Des frappes ciblées ont ainsi visé des infrastructures industrielles majeures, notamment dans les régions de Khuzestan et d’Ispahan.
Selon une source du renseignement israélien citée par Maariv, ces opérations auraient déjà détruit entre 3 % et 4 % du produit intérieur brut iranien — un impact significatif susceptible de freiner toute capacité de reconstruction post-conflit.
Alors que le conflit entre dans sa cinquième semaine, les frappes américano-israéliennes auraient fait plusieurs milliers de victimes en Iran et ciblé des figures militaires de premier plan. En réponse, Téhéran intensifie ses attaques via missiles et drones contre Israël et ce qu’il décrit comme des intérêts américains dans la région.
Dans ce climat de tension extrême, certains acteurs régionaux — non identifiés — plaideraient pour la poursuite des opérations, redoutant qu’un arrêt prématuré ne renforce une Iran plus radicale et revancharde.
Une dynamique explosive se dessine, où la fenêtre diplomatique semble chaque jour un peu plus étroite face à la tentation de l’escalade militaire.
ÉCRIT PAR LE MANIFEST
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