Un journaliste tunisien condamné à deux ans de prison, le syndicat dénonce un ciblage systématique des libertés.

Publié le 1 avril 2026 à 14:54

Un journaliste emprisonné, une alerte sur la liberté de la presse en Tunisie. Une affaire qui révèle un tournant politique inquiétant.

Un journaliste tunisien condamné à deux ans de prison, le syndicat dénonce un ciblage systématique des libertés.

Le syndicat a déclaré que ce verdict constitue un ciblage systématique des voix critiques. Photo AFP 

 

TUNISIE — La Syndicat national des journalistes tunisiens a fermement dénoncé, mercredi, la condamnation du journaliste Ghassen Ben Khalifa à deux ans d’emprisonnement pour « diffusion de fausses informations », qualifiant ce verdict de nouvelle étape dans un « ciblage systématique des voix critiques ».

Selon le syndicat, le journaliste, rédacteur en chef du média en ligne Inhiyaz, est poursuivi dans une affaire remontant à plus de trois ans. Il rejette catégoriquement les accusations, estimant que le dossier a été « fabriqué » et qu’il illustre, selon lui, les dérives du pouvoir en place.

Dans un communiqué, l’organisation professionnelle évoque une « escalade dangereuse » de la répression visant journalistes, opposants politiques et acteurs de la société civile, dans un contexte de durcissement du climat politique depuis 2021.

Cette période correspond au tournant institutionnel engagé par le président Kaïs Saïed, qui a suspendu le Parlement avant de gouverner par décrets. Une évolution que de nombreuses organisations de défense des droits humains considèrent comme un recul démocratique majeur.

Le chef de l’État rejette toutefois ces critiques, affirmant que les libertés fondamentales, y compris la liberté de la presse, restent garanties en Tunisie.

En janvier dernier, d’autres figures médiatiques, dont Murad Zeghidi et Borhane Bsaies, ont été condamnées à trois ans et demi de prison pour des accusations liées à la fiscalité. Des verdicts interprétés par leurs soutiens comme des mesures de représailles contre leurs prises de position.

Après l’élan de liberté né de la révolution de 2011 ayant conduit à la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, plusieurs observateurs estiment que le paysage médiatique tunisien connaît aujourd’hui une régression marquée.

Le syndicat des journalistes alerte notamment sur la transformation des médias publics en relais du pouvoir et sur les restrictions croissantes imposées aux journalistes indépendants, de plus en plus exposés à des poursuites judiciaires.

Dans ce climat, la condamnation de Ghassen Ben Khalifa s’impose comme un signal fort, illustrant les tensions persistantes entre pouvoir exécutif et liberté d’informer, dans une Tunisie en quête d’équilibre institutionnel.


ÉCRIT PAR LE MANIFEST

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