Meta bloque des publicités d’avocats visant des plaintes sur l’addiction des jeunes. Une riposte stratégique face à une vague judiciaire explosive.
Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, témoigne lors d’un procès sur l’addiction aux réseaux sociaux. Photo par Jill Connelly/Getty Images.
NÉOTECH — ÉTATS-UNIS — Dans un tournant stratégique à forte portée juridique, Meta a commencé jeudi à retirer des publicités diffusées par des cabinets d’avocats cherchant à recruter des plaignants affirmant avoir été affectés par les réseaux sociaux avant l’âge de 18 ans.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le groupe dirigé par Mark Zuckerberg, alors que la pression judiciaire s’intensifie autour des effets des plateformes sur la santé mentale des jeunes.
Deux semaines plus tôt, Meta et YouTube ont été jugés négligents dans une affaire historique en Californie portant sur l’addiction aux réseaux sociaux. Ce verdict a ouvert la voie à une nouvelle vague de contentieux potentiels, avec des cabinets d’avocats mobilisés à l’échelle nationale pour constituer des recours collectifs.
Objectif clair pour ces acteurs juridiques, identifier de nouveaux plaignants afin de lancer des class actions susceptibles de déboucher sur des indemnisations massives. Certaines initiatives pourraient même être soutenues par des fonds d’investissement, bien que cela reste à confirmer.
Plus d’une douzaine de publicités ont été désactivées, notamment celles de grands cabinets comme Morgan & Morgan ou Sokolove Law. Ces campagnes étaient largement diffusées sur les plateformes du groupe, notamment Facebook, Instagram, mais aussi Threads, Messenger et le réseau publicitaire étendu de Meta.
Le message de ces annonces était explicite et alarmiste, mettant en avant des symptômes tels que l’anxiété, la dépression ou l’automutilation, présentés comme liés à une exposition prolongée aux réseaux sociaux chez les mineurs.
Meta s’appuie sur ses conditions d’utilisation pour justifier ces suppressions. Le groupe indique pouvoir restreindre certains contenus s’il estime que cela permet de limiter un usage abusif de ses services ou d’éviter des risques juridiques et réglementaires.
Fait notable, aucune règle équivalente n’apparaît explicitement dans ses standards publicitaires, bien que ceux-ci restent subordonnés aux conditions générales d’utilisation.
« Nous nous défendons activement contre ces poursuites et supprimons les publicités qui tentent de recruter des plaignants. Nous ne permettrons pas à des avocats de tirer profit de nos plateformes tout en affirmant qu’elles sont nocives », déclare un porte-parole de Meta, qui assume pleinement cette stratégie.
Au-delà du volet légal, cette décision illustre une évolution plus large dans la guerre d’influence autour de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Les géants de la tech cherchent de plus en plus à contrôler leur narratif, y compris en limitant l’accès à certains messages critiques sur leurs propres plateformes.
Dans ce contexte, Meta ne se contente plus de répondre aux accusations, elle agit désormais en amont pour contenir leur propagation. Une stratégie défensive… qui pourrait bien redéfinir les règles du jeu entre Big Tech, justice et opinion publique.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Meta • Mark Zuckerberg • réseaux sociaux • addiction numérique • santé mentale • adolescents • procès Californie • class action • publicité en ligne • modération contenus • Facebook • Instagram • Big Tech • régulation numérique • justice américaine
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